Italien pour débutants sur le tournage de «1991» de Ricardo Trogi

Depuis dix jours, le cinéaste Ricardo Trogi tourne «1991», le dernier volet de sa trilogie autobiographique.
Photo: Olivier Sylvestre Le Devoir Depuis dix jours, le cinéaste Ricardo Trogi tourne «1991», le dernier volet de sa trilogie autobiographique.

Depuis le 27 juillet, Ricardo Trogi tourne 1991, le dernier volet de sa trilogie autobiographique. Après s’être entiché d’Anne dans 1981 et de Marie-Josée dans 1987, Ricardo (Jean-Carl Boucher) croit reconnaître en Marie-Ève (Juliette Gosselin) la femme de sa vie. Pour les beaux yeux de celle-ci, il s’embarque alors pour l’Italie, pays d’origine de son père Benito (Claudio Colangelo). « Vous allez découvrir comment j’ai perdu mes cheveux ! » annonce le réalisateur.

« C’est le dixième jour de tournage, et on rigole tellement ! s’exclame la productrice Nicole Robert. C’est tellement drôle, plus que sur le papier ! Ricardo n’écrit pas des gags, c’est un comique de situation qui vient de l’intérieur des personnages. On rit énormément, mais aujourd’hui, on tournait une partie de la finale. Lors de la première scène que j’ai vue ce matin, j’avais la larme à l’oeil. »

Parti y parfaire l’italien — le cinéaste révèle qu’il le parle aujourd’hui comme un garçon de huit ans, Ricardo y vivra bien des (més)aventures, lesquelles auront le don de faire sortir sa mère Claudette (Sandrine Bisson) de ses gonds. « Elle fesse dans le dash une coche plus haut. Comme c’était un voyage que j’avais organisé, il était mal organisé. Il a donc fallu que je les appelle quelques fois. Ma mère n’était pas de bonne humeur », confie Ricardo Trogi.

« Il n’y avait pas de cellulaire, les communications étaient différentes, rappelle Nicole Robert. Ricardo débarque en Europe, il prend le train, il va perdre son passeport, il va perdre son argent, il va tout perdre. Alors, c’est les longues distances avec la téléphoniste qui embarque sur la ligne. Toute cette situation-là ne serait pas arrivée si on avait eu des cellulaires, des textos, Facebook. »

L’auberge espagnole

Photo: Olivier Sylvestre Le Devoir Nicole Robert, Ricardo Trogi, Jean-Carl Boucher, Juliette Gosselin et Alexandre Nachi

En 1991, alors que la Yougoslavie s’effondrait et que l’URSS se démantelait, le futur cinéaste quittait Québec pour venir s’installer à Montréal afin d’y étudier en scénarisation cinématographique. « Je ne sais pas si ceux avec qui j’ai étudié sont encore dans ce domaine, mais comme je l’explique dans le film, je ne sentais pas que je fittais avec le cadre du cours, avec les autres étudiants qui étaient tous habillés en noir avec des lunettes épaisses, alors que je portais des chemises Levi’s de chez Sears. Comme on dit, l’habit ne fait pas le moine, j’en suis la preuve ! » dit fièrement Ricardo Trogi.

S’il ne cadre pas selon lui, Ricardo sait pourtant ce qu’il veut. Et pour la première fois de sa vie, il envisage de vivre avec une femme : « Ça reste dans le point de vue de Ricardo et, la femme de sa vie, ça reste un fantasme. Marie-Ève ne sait pas qu’elle est la femme de sa vie », explique Nicole Robert.

Fidèle à lui-même, Ricardo Trogi apportera une dose de fantaisie pour illustrer les fantasmes de son alter ego à l’écran. Compte tenu du contexte italien, rien de mieux qu’un clin d’oeil au cinéma de Fellini. Outre cette séquence, Trogi présentera ses grands-parents dans un prologue en noir et blanc où ceux-ci voudront partager une précieuse recette familiale, celle du risotto aux champignons.

Séparé de sa petite bande de Québec, Ricardo se liera d’amitié avec différents étudiants étrangers : « Il va avoir un coloc africain (Mamadou Camara), il va rencontrer Arturo (Alexandre Nachi), un Croate, qui vit sa vie au jour le jour. Ces rencontres-là vont l’amener dans une réflexion à savoir qui est la femme de sa vie, et si cela existe », dévoile la productrice.

De l’Italie à la conquête du monde

Du 5 septembre au 7 octobre, Ricardo Trogi ira compléter le tournage de 1991 en Italie. S’il a choisi de ne pas le raconter dans le film, le cinéaste ne cache pas que c’est grâce à ce voyage de jeunesse en Italie qu’il a pu fourbir ses armes aux quatre coins de la planète : « À la fin de ce voyage-là, j’ai tourné un petit documentaire près d’où ma famille habite qui m’a permis d’être sélectionné pour la Course destination monde et de partir deux ans plus tard. »

Ne fermant pas la porte à un quatrième volet, Ricardo Trogi ne croit toutefois pas que cette émission ayant servi de tremplins à plusieurs cinéastes en soit le sujet, affirmant qu’un tournage en Italie est déjà assez compliqué.

« Il avait conçu au départ une trilogie, mais Ricardo, qui ajoute quelque chose sur chaque plan, peut bien décider d’écrire quelque chose d’autre sur sa vie. C’est lui qui va décider », conclut Nicole Robert.

Peu importe sa décision, si tout se passe comme prévu, 1991 prendra l’affiche en août 2018.

Ricardo Trogi discute de 1991

 

1 commentaire
  • Patrick Boulanger - Abonné 8 août 2017 10 h 00

    WOW

    Pour ceux qui n'ont pas vu les deux premiers films de la trilogie, je vous les conseille. Ce sont deux bons films québécois légers et divertissants. À (re)voir!