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    70e Festival de Cannes

    Une sélection cannoise sans présence québécoise

    Le menu officiel affiche un choix plus audacieux que prévu et du sang neuf

    14 avril 2017 |Odile Tremblay | Cinéma
    Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux (à gauche), et son président, Pierre Lescure, devant l’affiche de la 70e édition, lors de la conférence de presse à Paris, jeudi
    Photo: François Mori Associated Press Le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux (à gauche), et son président, Pierre Lescure, devant l’affiche de la 70e édition, lors de la conférence de presse à Paris, jeudi

    Aucun Québécois ne figure en sélection officielle cette année du 70e Festival de Cannes, qui roulera du 17 au 28 mai, pas même aux courts métrages. Une première depuis 2009, mais on avait été très gâtés, quasi abonnés, grâce surtout à la présence répétée de Xavier Dolan.

     

    D’autres sections doivent annoncer leurs titres plus tard, dont la Quinzaine des réalisateurs le 20 avril. Des films comme Tadoussac de Martin Laroche et Au pire, on se mariera de Léa Pool y ont été soumis. La petite fille qui aimait trop les allumettes de Simon Lavoie, d’après le roman de Gaétan Soucy, pourrait être dans la mire aussi. On connaîtra le 24 avril les films retenus à la Semaine de la critique (premiers et seconds longs métrages).

     

    Il est fort possible que Cannes se passe tout à fait du Québec cette année. D’autant plus que la Quinzaine des réalisateurs devrait en principe hériter de grands cinéastes exclus de la sélection officielle, d’Abdellatif Kechiche à Bruno Dumont, d’André Téchiné à Érick Zonca, de Claire Denis à Stephen Frears, en passant par Xavier Beauvois, László Nemes, Carlos Reygadas, Roman Polanski, Alexander Payne, etc. La liste des recalés est aussi longue que celle des adoubés.

     

    Le président du Festival de Cannes, Pierre Lescure, espère que cette édition sera une respiration. Le grand rendez-vous de films se tiendra juste après la houleuse élection présidentielle française, qui laissera ses marques dans les esprits.

     

    Un choix audacieux

     

    Ça n’empêche pas cette sélection officielle de briller, mais avec un choix plus audacieux que prévu et du sang neuf, ce qui semble annoncer un resserrement du côté de la cinéphilie, au détriment du gros spectacle. Le Français Arnaud Desplechin ouvrira le bal du festival avec Les fantômes d’Ismaël, flanqué d’une distribution cinq étoiles (Cotillard, Gainsbourg, Amalric), mais hors compétition. La guerre, la brutalité du monde et l’art constituent les thèmes de l’heure.

     

    Bien entendu, des incontournables sont de la course à la Palme d’or, au jury dirigé par Pedro Almodóvar, dont le double palmé autrichien Michael Haneke avec Happy End, sur les migrants de l’ex-jungle de Calais (avec Trintignant, Huppert, Kassovitz).

     

    L’Américaine Sofia Coppola revient dans l’arène avec The Beguiled, retour sur la guerre de Sécession avec stars pour garnir le tapis rouge : Nicole Kidman, Colin Farrell, Kirsten Dunst, Elle Fanning. Toujours en provenance des États-Unis, les frères Benny et Josh Safdie font leur entrée en compétition à travers Good Time, une histoire de braqueur de banques (Robert Pattinson, Jennifer Jason Leigh) de même que Noah Baumbach avec The Meyerowitz Stories, comédie dramatique sur une famille dysfonctionnelle, à la sortie prévue sur Netflix.

     

    Hollywood, qui trouve Cannes féroce côté critique, et décalé de la saison pré-Oscar côté calendrier, pèse moins lourd sur la Croisette cette année. On attendait le dernier George Clooney, Suburbicon, scénarisé par les frères Coen, hors concours. Il sera sans doute lancé cet automne au rendez-vous de Toronto.

     

    L’Afrique brille par son absence, mais aussi l’Amérique latine en compétition. C’est la France, hyperprolixe cette année, qui y trône quatre fois : on aura droit à Rodin, biographie du grand sculpteur par Jacques Doillon (avec Vincent Lindon),au Redoutable de Michel Hazanavicius (cinéaste de The Artist), sur la rencontre entre Jean-Luc Godard (Louis Garrel) et la jeune actrice Anne Wiazemsky (Stacy Martin). Également au thriller érotique L’amant double du prolifique François Ozon (avec Marine Vacth, Jérémie Renier et Jacqueline Bisset). Le nouveau venu Robin Campillo accompagne 120 battements par minute, qui remonte aux années noires du sida (avec Adèle Haenel).

     

    Le Sud-Coréen Hong Sang-soo revient avec Geu-Hu (The Day After), ainsi que son compatriote Bong Joon-ho avec Okja (avec Jake Gyllenhaal).

     

    Des attentes

     

    On a hâte de voir The Killing of a Sacred Deer, film américain du cinéaste du Lobster, le Grec Yorgos Lanthimos (avec Nicole Kidman et Colin Farrell, tous deux très présents cette année). Aussi Wonderstruck de l’Américain Todd Haynes, abordant la surdité (avec Julianne Moore et Michelle Williams). Et tout autant Aus Dem Nichts (In the Fade) de l’Allemand Fatih Akim, histoire de vengeance dans la communauté turco-allemande. Le grand cinéaste russe Andrey Zvyagintsev (Le retour, Leviathan) pourrait signer un nouveau chef-d’oeuvre avec Loveness, sur un monde sans pitié.

     

    Les femmes concourent en petit nombre. À côté de Sofia Coppola, la sensible Japonaise Naomi Kawase fait son retour avec Hikari (Vers la lumière), une histoire d’amour atypique. La Britannique Lynne Ramzay signe un duo entre un vétéran de guerre (Joaquin Phoenix) et une jeune prostituée à travers You Were Never Really Here.

     

    L’Ukrainien Sergei Loznitsa est en lice avec Une femme douce, sur l’odyssée d’une femme bafouée. Le Hongrois Kornél Mundruczó accède à la compétition avec le drame Jupiter’s Moon.

     

    Quant au Barbara du Français Mathieu Amalric, biopic de la longue dame brune, il ouvrira Un certain regard. C’est dans cette section qu’atterrissent également les films du Français Laurent Cantet (L’atelier), de l’Italien Sergio Castellitto (Fortunata). Hors compétition seront projetés Visages, villages de la pionnière Agnès Varda, Mugen Non Jûnin du cinéaste nippon Takashi Miike, et le plus festif How to Talk to Girls at Parties de l’Américain John Cameron Mitchell.

     

    Alejandro González Iñárritu présentera son installation de réalité virtuelle Carne y arena, alors que d’autres grands cinéastes voient leurs films projetés en séance spéciale : de Claude Lanzmann (Napalm) à Raymond Depardon (12 jours) en passant par l’actrice Vanessa Redgrave pour son Sea Sorrow ainsi qu’un autre film de Hong Sang-soo (Keul – Le-Eo-Ui-Ka-Me-La). En fait, ce menu cannois s’annonce rempli de surprises et semble vouloir ouvrir son éventail à des nouveaux venus. À 70 ans, il regarde en avant, sans oublier ses racines, mais sans l’appui massif des grands studios américains. Position de funambule qui devrait servir du moins la cinéphilie.

    Netflix fait son entrée à Cannes Deux films distribués par Netflix font partie de la sélection officielle au Festival de Cannes 2017, une « situation unique et inédite », selon son délégué général, Thierry Frémaux. En compétition pour la Palme d’or, Okja du réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho et The Meyerowitz Stories de l’Américain Noah Baumbach seront diffusés sur Netflix en 2017 pour les abonnés de la plateforme dans les pays où le service est offert. Défendant son choix, Thierry Frémaux a souligné que le réalisateur « Bong Joon-ho est un grand cinéaste contemporain, il a fait un film, on aime le film, on montre le film ».

    Amazon, l’autre grande plateforme de vidéos à la demande par abonnement (SVOD), sera également présente en sélection officielle à Cannes avec Wonderstruck de Todd Haynes.












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