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Cinéma - Valse allemande à contre-temps

Odile Tremblay   12 mars 2004  Cinéma
Le film nous arrive nimbé d'une kyrielle de prix récoltés dans toute l'Europe. Good Bye Lenin! de l'Allemand Wolfgang Becker est une bonne comédie arrimée à la chute du mur de Berlin et à ses conséquences sur une famille d'Allemagne de l'Est.

Il raconte l'histoire d'une femme (Katrin Sass) tombée dans le coma juste avant la réunification des deux Allemagnes puis tenue dans l'ignorance des changements politiques par un fils (Daniel Brühl) qui tente de lui éviter tout choc psychologique. Comédie nourrie des imprévus, des obstacles semés sur ce parcours du combattant, Good Bye Lenin! est aussi une touchante histoire d'amour filial. Elle constitue également une chronique politique grinçante sur une réunification effectuée à la va-vite en jetant le bébé socialiste avec l'eau du bain.

L'histoire repose sur une supercherie dont le spectateur se sent complice (un peu comme dans La Grande Séduction) mais dont le personnage central — ici la mère — ignore tout. Dans cette comédie habile et tout en finesse, le contraste entre la vie des deux Allemagnes est marqué par la vie trépidante de Berlin-Est, du jour au lendemain embourgeoisé, avec les rutilantes bagnoles ayant remplacé les Traban, la pub à pleines rues, les vêtements modernes, la mondialisation galopante; tandis qu'un décor factice à l'échelle de l'appartement de la malade recrée un passé communiste beaucoup plus austère, à travers décors, objets et vêtements recyclés.

Les valeurs de l'Allemagne de l'Est, avec leurs failles et leurs forces, reprennent vie, démontrant à quel point elles ont été balayées par le vent de l'histoire. L'efficacité du film repose sur cette absence de jugement posé sur la réunification. Entre rire et émotion, le film se paie autant la tête des anciens Berlinois de l'Ouest que de leurs vis-à-vis d'outre-Mur. La Grande Histoire sert de toile de fond à cette incursion privée en offrant à Good Bye Lenin! son ton et son rythme.

Sans avoir été une communiste bon teint, la malade du film s'est impliquée autrefois dans la chorale et des oeuvres communautaires. Huit mois après la chute du Mur, à son réveil du coma, rien n'est pareil mais tout le demeurera donc pour elle, alors que les anciens choristes seront invités à entonner des couplets patriotiques relégués aux oubliettes et les voisins à jouer la comédie sans relâche.

Aux côtés d'Alex qui tient à sa supercherie, sa soeur Lara (Chulpan Khamatova) voudrait cesser de mentir mais suit la consigne familiale. Les enfants qui sautent à cloche-pied entre deux mondes et changent de costumes pour les besoins de la cause sont les otages de cette valse allemande à contre-temps.

Katrin Sass parvient à rendre sympathique la femme leurrée qu'elle incarne. Dans un rôle pourtant passif de patiente alitée, sa sensibilité crève l'écran. Daniel Brühl, dans la peau du fils, manifeste une grande présence. Ces deux interprètes dominent une distribution globalement juste plutôt qu'étincelante. La tonalité du film, sa lecture à différents niveaux constituent ses meilleurs atouts, par delà une mise en scène quand même assez académique, mais avec une satire bien dosée.

Il est évident qu'une oeuvre comme Good Bye Lenin! possède une résonance particulière auprès d'un public européen qui a vécu dans sa chair la partition en deux blocs politiques distincts. Cette comédie a d'ailleurs remporté le César du meilleur film de l'Union européenne et récolté une moisson de prix aux European Film Awards. Chez nous, son impact sera sans doute moindre, quoique la finesse, l'humour et la tendresse du film lui assurent quand même une portée universelle.

* V.o.s.-t.f.: Ex-Centris, Beaubien.

* V.o., s.-t.a.: Forum.

***

À l'affiche cette semaine

LE DERNIER TUNNEL

Québec, 2004, 109 minutes.

Thriller d'Érik Canuel avec Michel Côté, Jean Lapointe.

À sa sortie de prison, Marcel Talon s'associe à ses anciens complices, le vétéran Fred et le riche Smiley, pour cambrioler une banque dans le Vieux-Montréal en creusant un tunnel de façon à atteindre la chambre forte.

* V.o.: Carrefour Angrignon, Pointe-Claire, Parisien, StarCité, Versailles, Beaubien, Langelier.

* V.o., s.-t.a.: Forum.

FALLING ANGELS

Canada, 2003, 101 minutes.

Drame de moeurs de Scott Smith avec Callum Keith Rennie, Katharine Isabelle, Monté Gagné.

En 1969, dans la banlieue de Toronto, les tribulations de trois soeurs aux prises avec un père autoritaire et une mère plongée dans une profonde dépression depuis la mort accidentelle de son jeune fils lors d'un voyage en famille à Niagara Falls.

* V.o.: Cinéma du Parc.

FENÊTRE SECRÈTE

États-Unis, 2004, 96 minutes.

Thriller de David Koepp avec Johnny Depp, John Turturro.

Aux prises avec de pénibles procédures de divorce et en panne d'inspiration, l'écrivain Mort Rainey reçoit la visite d'un individu inquiétant.

* V.o.: Forum, Carrefour Angrignon, Colisée Kirkland, Dorval, Cavendish, Côte-des-Neiges, Lacordaire, Des Sources, Spheretech.

* V.f.: Place LaSalle, Quartier latin, StarCité, Paradis, Lacordaire, Langelier.

SPARTAN

États-Unis, 2003, 107 minutes.

Thriller de David Mamet avec Val Kilmer, Derek Luke, Kristin Bell.

Officier aux opérations spéciales de l'armée américaine, Robert Scott a pour mission de retrouver Laura Newton, la fille du président des États-Unis, qui aurait été kidnappée par un réseau de traite des blanches.

* V.o.: Forum, Colisée Kirkland, Côte-des-Neiges, Lacordaire, Des Sources, Spheretech.

ZAMAN, L'HOMME DES ROSEAUX

France-Irak, 2003, 77 minutes.

Drame poétique d'Amer Alwan avec Sami Kaftan, Shadha Salim, Hussein Imad.

Dans une région marécageuse du sud de l'Irak, le vieux paysan Zaman vit avec son épouse Najma et leur fils Yacine. Pour soulager Najma, gravement malade, Zaman se rend jusqu'à Bagdad afin de trouver un médicament très rare.

* V.o., s.-t.f.: Ex-Centris.
 
 
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