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    Cinéma

    Suzanne Clément, encore derrière les barreaux

    L’actrice québécoise cumule les rôles en France, notamment dans «Taularde» d’Audrey Estrougo, sur nos écrans dès vendredi

    3 janvier 2017 |Odile Tremblay | Cinéma
    Sophie Marceau et Suzanne Clément dans «Taularde»
    Photo: Axia Films Sophie Marceau et Suzanne Clément dans «Taularde»

    Elle joue beaucoup en France, vit là-bas une partie de l’année avant de rebondir ici ou aux États-Unis, se définit comme une vagabonde, sans vrai foyer, abonnée aux RBMB, entre deux valises.

     

    On a joint Suzanne Clément alors qu’elle siégeait au jury du Festival de Marrakech. Toujours un pied dans l’ailleurs.

     

    Il y a un peu plus de vingt ans, l’actrice québécoise faisait ses débuts au cinéma dans Le confessionnal de Robert Lepage… Ça paraît une éternité.

     

    « J’ai fait le tour de la France cette année, avec un buffet d’expériences diverses, explique-t-elle. Cinq films, deux téléséries : Versailles [en anglais] et La forêt. C’est énorme », s’exclame-t-elle. Quand la manne passe, autant la prendre. Pas toujours des premiers rôles, mais auprès de cinéastes solides ou de débutants prometteurs. Ainsi au grand écran : dans Espèces menacées de Gilles Bourdos et Les philosophes de Guilhem Amesland. Suivit pour Suzanne Clément une apparition dans C’est difficile d’Olivier Nakache et Éric Toledano, les cinéastes d’Intouchables, aux côtés de Jean-Pierre Bacri et de Gilles Lellouche. Elle est du groupe de filles de Numéro Une (1) de Tonie Marshall avec Emmanuelle Devos sur les femmes de pouvoir. Ça se bouscule.

     

    Les offres ont commencé dans l’Hexagone après sa prestation ardente dans Laurence Anyways (qui lui avait valu un prix à Un certain Regard à Cannes). Mais c’est son personnage de voisine bègue et sensible dans Mommy du même Xavier Dolan qui fit d’elle une actrice très demandée de l’autre côté de l’Atlantique.

     

    Avec Sophie Marceau

     

    Dans Taularde d’Audrey Estrougo, Suzanne Clément incarne une détenue, comme dans la télésérie québécoise Unité 9. « J’ai une longue expérience de la chose, dit-elle. Ce qui me permet d’approfondir le thème. C’est une responsabilité sociale de donner la parole à ces femmes-là. J’aurai ça dans mon background. Mais la prison française dans Taularde est bien pire que les nôtres. Par comparaison, les petites cabanes d’Unité 9 ont un côté mignon. »

     

    Elle s’est retrouvée dans une vieille prison de pierres pour hommes désaffectée en Bretagne, humide et glaciale. « Je n’ai jamais eu aussi frette de ma vie… Quand la porte de prison se referme derrière toi et les autres détenues, c’est dur. On sent l’oppression, loin du cadre rebelle romantique qu’on peut avoir de la prison. Quand tu es à l’intérieur, tu imagines ces femmes qui ne savaient pas quand elles allaient sortir de là. La pilule qu’ils leur donnaient le soir pour dormir était vraiment nécessaire. »

     

    L’histoire est celle d’une enseignante, Mathilde (Sophie Marceau), qui s’est dénoncée à la place de son homme et n’a plus de nouvelles de lui, mais découvre auprès de ses codétenues une vie de douleur, de soupçons et de solidarité. Suzanne Clément incarne sa compagne de cellule, qui a tué son mari mais éprouve une sorte de sérénité. « J’ai fait des recherches sur une femme qui s’était fait battre durant vingt ans avant de tuer son mari et qui était sereine en prison, très calme. Elle pouvait se reposer… »

     

    « Sophie Marceau a été exemplaire, constate-t-elle. Rigoureuse. On sent que le travail qu’elle a accompli avec son ancien mari Zulawski l’habite encore et l’a enrichie comme actrice. »

     

    Tourné l’année dernière, Taularde. Ça lui paraît loin. Julie Gayet, la copine du président français, faisait un retour comme productrice à travers ce film-là, où elle a d’ailleurs un rôle d’avocate. « Sans elle, le film n’aurait pas pu se faire, assure Suzanne Clément. Le projet était en train de tomber à l’eau. Audrey Estrougo, qui avait réalisé Une histoire banale, est une cinéaste battante, revendicatrice, qui donne priorité aux femmes. Je l’admire beaucoup. »













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