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    Critique cinéma

    «Pour l’amour d’Hollywood» fait s’éveiller la magie

    Damien Chazelle filme le terre du cinéma à la lueur de son âge d’or

    24 décembre 2016 |Odile Tremblay | Cinéma
    Ryan Gosling est un pianiste de club, tandis qu’Emma Stone incarne une apprentie comédienne.
    Photo: Films Séville Ryan Gosling est un pianiste de club, tandis qu’Emma Stone incarne une apprentie comédienne.

    Il nous avait impressionnés avec son remarquable Whiplash sur les rapports troubles entre un batteur de jazz et son mentor, l’ultradoué Damien Chazelle, également musicien, excellent scénariste, et en passe de devenir un des meilleurs cinéastes américains de sa jeune génération. Son Pour l’amour d’Hollywood (La La Land), prix du public au TIFF, primé huit fois aux Critics’ Choice Movie Awards, dont comme meilleur film et meilleure réalisation, flanqué de sept nominations aux Golden Globes, s’aligne comme un des favoris de la course aux Oscar.

     

    Ce film ultraréférencé, avec sa fantaisie colorée et ludique mâtinée de mélancolie, est un vrai bonbon, un peu comme l’avait été en France Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. Ode à l’amour, brillante réalisation, coups de chapeau aux maîtres du passé, ce film se voit truffé de poésie lunaire rétro, de magie visuelle.

     

    Tourné à la manière de…, pastiche des grandes comédies musicales des années 1950 — Un Américain à Paris, A Star Is Born, Singing in the Rain —, lettre d’amour à Los Angeles, cette machine à rêves, La La Land a de contemporain l’époque de son action. Ses codes, ses costumes un brin outranciers, collent à l’âge d’or d’Hollywood, avec une harmonie entre rires et larmes, passé et présent, atteinte sur son fil tendu. L’esthétique rappelle çà et là celle de Wes Anderson, également rétro, mais on croirait parfois enfourcher aussi un tableau de Chagall, pour les envolées amoureuses.

     

    Emma Stone (couronnée à Venise pour ce rôle) en apprentie comédienne et Ryan Gosling en pianiste de club qui se rêve grand musicien de jazz, sur la colline de toutes les illusions surplombant la ville lumineuse, amorcent, après rendez-vous manqués, leur romance, avec danses à claquettes et chansons de Justin Hurwitz (qui se laissent quand même oublier). Parfois, une simple trame musicale fait davantage pour capter un état d’âme que ces chansons reléguées au second plan, apportant une touche de modernité au genre.

     

    Les voitures, les restaurants et boîtes de nuit, les appartements miteux ou pas forment autant de cadres d’action, ouvrant sur des chorégraphies impeccables.

     

    Se retrouve à la distribution J. K. Simmons (oscarisé pour son rôle dans Whiplash), ici en manager du club minable où joue Sebastian (Gosling). Emma Stone campe de son côté la piquante Mia, serveuse, qui rate ses auditions comme actrice mais se crée un spectacle solo et, à l’instar de son compagnon, rêve à gogo dans cette ville carburant aux espoirs fous. Un jour, ils seront reconnus et leur amour vaincra, de fait, l’un épaulant l’autre. Mais les désillusions se profilent aussi. Le couple Gosling-Stone profite de sa bonne chimie. Leur aura de stars aide à les catapulter dans la voie lactée du film, mais Stone est plus touchante que son partenaire, sur des registres multiples.

     

    Film en segments, sa dernière partie, proche des oeuvres de Woody Allen à la Manhattan et à la Annie Hall, se déguste comme une merveille d’émotions fines, tissées de nostalgie.

     

    On reconnaît avec amusement à La La Land une influence plus québécoise : le nom de famille de Mia est Dolan, et une des dernières séquences, un rêve éveillé d’avenir riant, évoque celui d’Anne Dorval dans Mommy.

    La La Land
    ★★★★
    États-Unis, 2016, 128 min. Réalisation et scénario: Damien Chazelle. Avec Ryan Gosling, Emma Stone, J. K. Simmons, Rosemarie DeWitt, Finn Wittrock, Callie Hernandez, John Legend.












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