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    «Déserts», ou le désarroi d’un homme

    Deux cinéastes proposent une expérience cinématographique prometteuse

    10 décembre 2016 | Manon Dumais - Collaboratrice | Cinéma
    Victoria Diamond et Hubert Proulx
    Photo: La distributrice films Victoria Diamond et Hubert Proulx
    Critique
    Déserts
    ★★★1/2
    Canada (Québec), 2016, 93 minutes. Drame poétique de Charles-André Coderre et Yann-Manuel Hernandez. Avec Hubert Proulx, Victoria Diamond, Élisabeth Locas et Martin Dubreuil.

    Avec King Dave de Podz, d’après la pièce d’Alexandre Goyette, et Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, de Mathieu Denis et Simon Lavoie, Déserts s’avère sans doute l’une des propositions les plus audacieuses et les plus originales du cinéma québécois cette année. Ce n’est toutefois pas avec leurs qualités de scénaristes que Charles-André Coderre et Yann-Manuel Hernandez séduiront le spectateur.

     

    De fait, l’intrigue, bien mince, pour ne pas dire rachitique, et dont certains dialogues auraient été improvisés par les acteurs, n’a rien de révolutionnaire ni de renversant. Constatez par vous-même : un homme ayant tout plaqué (Hubert Proulx), y compris son amoureuse (Élisabeth Locas), croise dans le désert du Nevada une belle inconnue (Victoria Diamond). Et pourtant, on n’hésitera pas une seconde à suivre les traces de cet homme tourmenté qu’incarne avec intensité Hubert Proulx.

     

    Dès les premières scènes du film, tourné en 16 mm (une rareté !), on est happé par la beauté hypnotique des images d’Hernandez et par la trame sonore envoûtante de Radwan Ghazi Moumneh. De facture expérimentale, cette réalisation bicéphale évoque le cinéma de Philippe Grandrieux (Sombre, La vie nouvelle), sujet du mémoire de maîtrise de Coderre, Zabriskie Point d’Antonioni et À quelle heure le train pour nulle part de Robin Aubert. Comment résister à un tel programme ?

     

    Illustration sensuelle et sensorielle du désarroi d’un homme, Déserts nous transporte tour à tour dans des endroits sombres de Montréal, dans le clinquant de Las Vegas et dans l’austère majesté de Death Valley. D’un lieu à l’autre, à l’instar du protagoniste sous les effets de l’alcool et des drogues, le spectateur se laisse enivrer par toutes ces couleurs et ces textures dont la mouvance forme d’éphémères tableaux où l’on voudrait se perdre. Et ce, même si le drame est annoncé dès le début et que son déroulement réserve peu de rebondissements. En résulte une expérience cinématographique unique livrée par un duo qui promet d’éblouir le cinéphile exigeant dans un avenir que l’on souhaite pas trop lointain.

    Déserts
    ★★★ 1/2
    Canada (Québec), 2016, 93 minutes. Drame poétique de Charles-André Coderre et Yann-Manuel Hernandez. Avec Hubert Proulx, Victoria Diamond, Élisabeth Locas et Martin Dubreuil.












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