La quête des repères aux 19es RIDM

Gianfranco Rosi a reçu l'Ours d'or au festival de Berlin cette année pour son documentaire «Fuocoammare», qui sera présenté aux RIDM.
Photo: Bernd von Jutrczenka / Pool Photo / Aassociated Press Gianfranco Rosi a reçu l'Ours d'or au festival de Berlin cette année pour son documentaire «Fuocoammare», qui sera présenté aux RIDM.

Entre l’extraordinaire Fuocoammare de Gianfranco Rosi, abordant de front la crise des migrants sur l’île de Lampedusa — Ours d’or et coup de coeur de la dernière Berlinale —, qui ouvre le bal des 19es RIDM et Un journaliste au front de Santiago Bertolino, sur un journaliste pigiste en zones de guerre, qui le clôture, ce sont 128 documentaires issus de 35 pays qui composeront la sélection du cru. Du 10 au 20 novembre, une centaine d’invités seront au rendez-vous des Rencontres internationales du documentaire de Montréal. 44 films québécois et canadiens seront projetés, dont 31 en premières québécoises.

« Nous vivons dans un monde qui a perdu ses repères. Nous avons besoin de le voir autrement », a lancé le nouveau directeur de la programmation du festival, Bruno Dequen, avant de présenter sa programmation avec beaucoup d’humour. Les crises sociales, politiques, migratoires occuperont le devant de la scène, mais aussi la vie artistique et les réalités autochtones.

Dans la section Compétition officielle : des oeuvres comme Another Year de Shengze Zhu, sur le quotidien d’une famille chinoise au milieu des bouleversements du pays, Tempestad de Tatiana Huezo, sur le trafic humain au Mexique, et Brothers of the Night de Patric Chihasur, sur des jeunes Roms qui vendent leur corps à Vienne.

Regards croisés sur le Québec

En Compétition nationale longs métrages, quelques titres : Combat au bout de la nuit, une oeuvre-fleuve de Sylvain Lespérance (285 min) tournée sur plusieurs années dans une Grèce en bouleversement. Quebec my Country mon pays de John Walker cherche à démêler l’écheveau des deux solitudes québécoises. Angry Inuk d’Alethea Arnaquq-Baril aborde le rapport des Inuits avec la chasse au phoque, menacée par les pressions internationales. Quant à Chez les géants d’Aude Leroux-Lévesque et Sébastien Rist, il capte les émois amoureux et les rêves de deux adolescents inuits.

Parmi les événements à ne pas manquer : la table ronde « La riposte des cinéastes autochtones », à laquelle participera Alanis Obomsawin, dont le dernier film, On ne peut pas faire deux fois la même erreur, sur le combat des autochtones pour la reconnaissance des droits de leurs enfants, fera l’objet d’une présentation spéciale dans la section Panorama. Celle-ci accueillera également David Lynch : The Art Life de Rick Barnes, Olivia Neergaard-Holm et John Nguyen, sur les sources créatives du grand cinéaste de Mulholland Drive.

Dans la compétition internationale des courts et moyens métrages, trois films abordent le sort des réfugiés : Remains from the Desert de Sebastian Mez, Bunkers d’Anne-Claire Adet et Kwassa Kwassa de Truan Andrew Nguyen et Superflex.

Trois rétrospectives sont au programme : l’une dédiée au poétique cinéaste belge de Territoire perdu Pierre-Yves Vanderweerd, l’autre à deux programmes des Sommets du cinéma d’animation sur les oeuvres mariant animation et documentaire. Puis, trois programmes de films de l’artiste multidisciplinaire américaine Deborah Stratman explorent les dessous du monde visible.

Parmi les activités parallèles, des débats suivront les projections de Quebec my Country mon pays (sur la position des Anglos ici) et de Chez les géants (sur celle des Inuits).

Patrick Masbourian animera La soirée de la relève ICI RDI, présentant huit courts métrages de cinéastes émergents. Un programme de documentaires animés récents accessibles aux plus de six ans sera consacré à une clientèle familiale.