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    41e TIFF

    Entre Montréal et l’Arménie

    13 septembre 2016 | Odile Tremblay à Toronto | Cinéma
    Oscar Isaac badinant avec Charlotte Le Bon lors de la présentation du film «The Promise», de l’Irlandais Terry George
    Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Oscar Isaac badinant avec Charlotte Le Bon lors de la présentation du film «The Promise», de l’Irlandais Terry George

    La délicieuse actrice québécoise Charlotte Le Bon, vedette en France, se taille sa place sur la scène internationale. Au TIFF, les photographes n’en avaient que pour sa grâce. Lancée comme une fusée, la voici vedette d’une fresque historique américaine, émule pâlie de Scarlett dans Autant en emporte le vent, combative, aimée par deux hommes.

     

    Abordant, après Egoyan et Guédiguian, le génocide arménien perpétré il y a cent ans à la fin de l’Empire ottoman, The Promise est réalisé par l’Irlandais Terry George.

     

    On lui devait déjà Hotel Rwanda, sur un génocide différent. The Promise, également académique, se révèle plus ambitieux. Le budget colossal, les armées de figurants, la grande reconstitution historique appuient ce nouveau regard sur le premier génocide du XXe siècle, encore nié par les Turcs.

     

    Charlotte Le Bon se déclarait emballée par l’histoire : « Au scénario déjà, j’aimais ce personnage de femme sophistiquée, libre et privilégiée au cours des années dorées à Paris qui part retrouver ses racines en Arménie. On ne peut jamais savoir ce que chacun ferait en temps de guerre, mais Ana se positionne comme une survivante, non comme une victime. Elle en est d’autant plus inspirante. »

     

    Le film fait également écho à la crise actuelle des réfugiés, sur messages subliminaux politiques vantant l’action des Américains et des Français. Rien n’est innocent non plus…

     

    L’adolescence au naturel

     

    Amusant et très juste, ce Prank du Québécois Vincent Biron, sur un groupe d’amis qui s’amusent à faire des coups pendables, en allant trop loin bien entendu.

     

    Pétri de naturel et de vérité sur l’adolescence, ce film ne prétend rien juger mais tout dire et tout montrer, en interpellant vraiment l’âge ingrat. Un peu brouillon, mais impertinent, bien joué, sans langue de bois, il devrait plaire aux adolescents.

     

    « Arrival » sans son capitaine

     

    Lundi après-midi, l’équipe du film de science-fiction Arrival, de Denis Villeneuve, rencontrait les journalistes. Le cinéaste québécois n’est pas au TIFF, retenu sur le plateau de Blade Runner 2, mais ses oreilles devaient siffler.

     

    En ce type de rencontres, les mots « génie » « grand raconteur d’histoires » sortent du chapeau et les acteurs, dont l’actrice Amy Adams, ne tarissaient pas d’éloges sur le professionnalisme et le calme de Villeneuve. Montréal, grand lieu de tournage, semble avoir séduit également l’équipe. Et comme toute oeuvre de science-fiction est le reflet de l’air du temps, c’est l’importance du dialogue (ici entre humains et extraterrestres) qui s’est révélée à l’équipe comme le message essentiel du film.

     

    Les enchantements de « La La Land »

     

    Une oeuvre événement en bonbon à croquer, qui valut à son interprète féminine Emma Stone le prix d’interprétation à Venise : La La Land de l’Américain Damien Chazelle, grand candidat aux Oscar, découvert et célébré pour son précédent Whiplash. Ce second long métrage, sur action contemporaine, s’affiche comme un chant d’amour au cinéma de l’âge d’or américain et à Los Angeles, ville de rêves et de déboires.

     

    La La Land est un pas de deux entre un pianiste de jazz (Ryan Gosling — Chazelle est lui-même pianiste —) et une apprentie comédienne (Emma Stone). Cette comédie musicale doublée d’une romance s’offre des numéros de claquettes et des chansons composées par Justin Hurwitz. Échos à Un Américain à Paris, A Star is Born, etc., La La Land charme par sa facture colorée, ludique, charmante, sur une esthétique aussi rétro que sophistiquée. Les amoureux s’envolent comme dans un tableau de Chagall et la caméra s’éclate en images d’anthologie, mi-rêvées, mi-réelles, à la Wes Anderson sur une touche plus mélancolique.

     

    Une autre influence du film est plus inattendue. L’héroïne s’appelle Mia Dolan, et une séquence dans laquelle son personnage s’invente un scénario parallèle de vie n’est pas sans rappeler le rêve éveillé du personnage d’Anne Dorval imaginant un avenir riant pour son fils dans Mommy, de Xavier Dolan.

     

    Allez, bye bye Toronto ! C’est le retour à Montréal. On plie bagage.













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