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    41e TIFF

    La canonnade

    8 septembre 2016 | Odile Tremblay à Toronto | Cinéma
    Dans «Snowden», Oliver Stone, cinéaste de «JFK» et de «Nixon», se penche cette fois sur l’homme derrière les fuites massives de WikiLeaks.
    Photo: Source TIFF Dans «Snowden», Oliver Stone, cinéaste de «JFK» et de «Nixon», se penche cette fois sur l’homme derrière les fuites massives de WikiLeaks.

    C’est ce jeudi que s’élance sur sa galaxie le 41e TIFF, avec son faste et ses films jusqu’au 18 septembre. The Magnificent Seven d’Antoine Fuqua, thriller western donnant la vedette à Denzel Washington, ouvre le bal. Les films d’ouverture ont été au cours des derniers crus plus mauvais qu’autrement, alors les bonzes du festival tentent de renverser la vapeur, l’an dernier avec Demolition de Jean-Marc Vallée, cette fois à travers une production voisine, semble-t-il, du dernier Tarantino : The Hateful Eight.

     

    Cortège de gros films américains, ici ? Allons donc ! Mais ces derniers occupent il est vrai beaucoup de place. Le TIFF demeure, malgré la concurrence des rendez-vous de Venise, de New York, de Telluride, la grosse rampe de lancement pour les productions oscarisables, avec des buzz qui partent en fusée et des déceptions, forcément.

     

    Entre trois chantiers de construction (c’est fou ce qu’ils construisent au centre-ville), les gens font la file devant les billetteries. Toronto, c’est le gros tapis rouge qui se remballe après le spectacle. Mais quand des acteurs comme Ryan Gosling, Anne Hathaway, Emma Stone, Matt Damon et compagnie viennent montrer leur beau profil, les badauds sont heureux et les photographes s’en donnent à coeur joie.

     

    Il y aura autant d’étincelles autour de Juste la fin du monde de Xavier Dolan avec son bouquet de vedettes françaises, auréolé par son Grand Prix du jury à Cannes, ou pour le film de science-fiction Arrival de Denis Villeneuve, lancé à Venise.

     

    Le marché bourdonne ici d’acheteurs éventuels, attirant les premières nord-américaines. Et les films américains ou anglophones des Québécois (on en voit ici désormais chaque année) font ricochet après Cannes ou Venise. Ainsi The Bleeder de Philippe Falardeau et Two Lovers and a Bear de Kim Nguyen rebondissent dans la Ville reine.

    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Anne Émond présentera son film «Nelly» à Toronto.
     

    De toute façon, il faut venir à Toronto pour trouver autant de films québécois en français aussi. Tels pays de Chloé Robichaud, où trois femmes de pouvoir se retrouvent dans une contrée imaginaire, et Nelly d’Anne Émond, sur la vie mouvementée de la romancière de Putain. À voir également un ovni trash comme Prank, premier long métrage de Vincent Biron, sur des coups pendables d’adolescents qui tournent mal, et Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que creuser un tombeau de Mathieu Denis et Simon Lavoie, inspiré de la crise des carrés rouges.

     

    Espérés et attendus

     

    Sinon, c’est la pétarade des gros canons au milieu d’oeuvres plus personnelles.

     

    Tout est politique et social. Les films constituent un reflet des événements planétaires, et les plus courus d’entre eux se collent aux drames et aux mutations en cours. Dans Snowden, Oliver Stone, cinéaste de JFK et de Nixon, se penche cette fois sur l’homme derrière les fuites massives de WikiLeaks. Quant aux migrations humaines, au centre des actualités, elles prendront entre autres le visage d’un jeune Indien retrouvant sa vraie famille après 25 ans passés en Australie dans Lion de l’Australien Garth Davis.

    Photo: Source TIFF Dans «Snowden», Oliver Stone, cinéaste de «JFK» et de «Nixon», se penche cette fois sur l’homme derrière les fuites massives de WikiLeaks.
     

    Damien Chazelle, révélé par Whiplash, revient avec La La Land, une comédie romantique musicale où Ryan Gosling et Emma Stone se rencontrent dans un Los Angeles porteur de rêves.

     

    Plusieurs oeuvres de la compétition cannoise, dont Elle de Paul Verhoeven avec Isabelle Huppert et I Daniel Blake de Ken Loach (Palme d’or) sont au programme des cinéphiles.

     

    D’autres sont des productions de l’automne, comme Manchester by the Sea de Kenneth Lonergan, sur un homme brisé (Casey Affleck) revenu au pays après la mort de son frère, pour gérer tous les fantômes. Ajoutez aux « films à buzz » Moonlight de Barry Jenkins, célébré au Festival de Telluride, sur l’initiation sexuelle d’un jeune Afro-Américain. Nocturnal Animals de Tom Ford avec Jake Gyllenhaal, Amy Adams, etc., sur une femme devant affronter le passé de son ancien mari, alimentera la chronique. De son côté, The Birth of a Nation de Nate Parker — version 2016, pas le film-événement de D.W. Griffith en 1915 — aborde les atrocités de l’esclavage avant la guerre de Sécession. A United Kingdom d’Amma Asante traite pour sa part d’un mariage interethnique au Botswana à la fin des années 40. La question raciale, si explosive en Occident, surtout aux États-Unis, se révèle un des thèmes de l’heure.

     

    Place aux dames !

     

    Plusieurs femmes arrivent au TIFF avec leur film sous le bras. Elles occupent 30 % de la tarte cette année comme cinéastes. Un record historique ! Toni Erdmann de l’Allemande Maren Ade, insolite pas de deux entre une femme et son père, avait fait sensation à Cannes, tout en repartant bredouille au palmarès. Il est attendu ici de pied ferme.

     

    Seront présentes aussi notamment les Françaises Mia Hansen-Love avec L’avenir (primé à Berlin), et Katell Quillevéré avec Réparer les vivants, où la Québécoise Anne Dorval est paraît-il formidable. Également la Canadienne Aisling Walsh avec Maudie, drame des années 30 avec Sally Hawkins, avec bien sûr nos Québécoises Anne Émond (Nelly) et Chloé Robichaud (Pays) pour la grande offensive féminine du cru 2016.

    Odile Tremblay est à Toronto à l’invitation du TIFF

    Dans «Snowden», Oliver Stone, cinéaste de «JFK» et de «Nixon», se penche cette fois sur l’homme derrière les fuites massives de WikiLeaks. Anne Émond présentera son film «Nelly» à Toronto.












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