La Martienne était en noir
Pour le spectateur estival, les suites de films à succès sont aussi rassurantes que la vision de l'eau cristalline de la piscine hors terre ou l'odeur de la viande trop cuite sur le barbecue. Les effets et les budgets ont beau être décuplés, la recette, elle, demeure la même, à peine plus épicée pour s'assurer qu'il n'y ait aucune confusion entre l'original et le rejeton.
Barry Sonnenfeld (The Addams Family, Get Shorty) était à la barre de Men In Black et, après le triomphe de cette comédie de science-fiction, il retrouve les deux agents très spéciaux Kay (Tommy Lee Jones) et Jay (Will Smith). Sauver le monde, c'est leur affaire, et ce n'est certes pas une bande d'extraterrestres sortis du bestiaire de Star Wars qui vont les empêcher de porter avec élégance d'impeccables complets trois pièces et d'opaques lunettes fumées.
Men In Black II ne s'égare jamais, et c'est peu dire, des territoires de la parodie et de la dérision où se cantonnait le premier film. Les scénaristes Robert Gordon et Barry Fanaro ont respecté le procédé qui consiste à aligner les bons mots et les caméos (Martha Stewart, rêvant sans doute de vivre dans une galaxie loin des médias et de Wall Street; Michael Jackson, le mutant de la musique pop) au lieu de nous cramponner à nos sièges. La planète est de nouveau au bord de la catastrophe mais ça ne devrait empêcher personne de s'amuser ou de courir après une intrigue à peine plus consistante que celle du film précédent.
Pourtant, l'heure est grave puisqu'une de ces bébittes intersidérales, dont les créateurs de Men In Black ont le secret, a décidé de semer la zizanie dans les rangs de l'agence gouvernementale dirigée par les hommes en noir. Il s'agit de la grande prêtresse Serleena (Lara Flynn Boyle ne transcende jamais la caricature), venue sur Terre pour récupérer la lumière de Zartha afin d'étendre son pouvoir; déguisée en vamp de magazine de mode, toute de noir vêtue, elle va donner du fil à retordre à l'agent Jay puisque Kay est maintenant hors circuit, travaillant comme postier. N'ayant aucun souvenir de son passé comme agent et encore moins de l'endroit où serait cachée la fameuse lumière, ce que lui seul peut savoir, Jay aura fort à faire pour le ramener au bercail.
Alors que Will Smith accapare l'écran pendant le premier tiers du film, on mesure rapidement l'efficacité redoutable du tandem qu'il forme avec Tommy Lee Jones, qui constituait déjà un des meilleurs ingrédients de Men In Black. Même si l'on a pu tromper son ennui avec Frank, un bouledogue bavard promu assistant de Jay (son interprétation toute personnelle de la chanson I Will Survive n'a rien à envier à celle de Gloria Gaynor... ), il manque la mine patibulaire de Jones pour que notre bonheur, bien éphémère dans les circonstances, soit complet.
Car celui-ci restera forcément petit tout au long de cette cavalcade. On y trouve pourtant tout ce que l'on y cherche: des répliques percutantes et des effets spéciaux spectaculaires, bref une puissante machine au service d'une fantaisie débridée sous fortes influences télévisuelles, et ce, dès les premières images, alors que Peter Graves s'amuse à se parodier lui-même en présentateur d'une émission sur les «mystères inexpliqués».
New York sert toujours de brillante toile de fond pour ces nouvelles aventures des hommes (et de la femme) en noir. Quelques retouches cosmétiques furent effectuées (le film ayant été tourné avant le 11 septembre, on a cru bon d'effacer ne serait-ce que l'ombre des tours jumelles), une absence notoire est à souligner (Linda Fiorentino, la scientifique sexy du premier film, s'est volatilisée) mais une chose persiste d'un épisode à l'autre: les extraterrestres les plus dégoûtants et les plus rigolos sont bel et bien parmi nous. Et ne semblent pas pressés d'aller se faire voir ailleurs, trop occupés à jeter un oeil en direction des étoiles et l'autre sur le tiroir-caisse.
Barry Sonnenfeld (The Addams Family, Get Shorty) était à la barre de Men In Black et, après le triomphe de cette comédie de science-fiction, il retrouve les deux agents très spéciaux Kay (Tommy Lee Jones) et Jay (Will Smith). Sauver le monde, c'est leur affaire, et ce n'est certes pas une bande d'extraterrestres sortis du bestiaire de Star Wars qui vont les empêcher de porter avec élégance d'impeccables complets trois pièces et d'opaques lunettes fumées.
Men In Black II ne s'égare jamais, et c'est peu dire, des territoires de la parodie et de la dérision où se cantonnait le premier film. Les scénaristes Robert Gordon et Barry Fanaro ont respecté le procédé qui consiste à aligner les bons mots et les caméos (Martha Stewart, rêvant sans doute de vivre dans une galaxie loin des médias et de Wall Street; Michael Jackson, le mutant de la musique pop) au lieu de nous cramponner à nos sièges. La planète est de nouveau au bord de la catastrophe mais ça ne devrait empêcher personne de s'amuser ou de courir après une intrigue à peine plus consistante que celle du film précédent.
Pourtant, l'heure est grave puisqu'une de ces bébittes intersidérales, dont les créateurs de Men In Black ont le secret, a décidé de semer la zizanie dans les rangs de l'agence gouvernementale dirigée par les hommes en noir. Il s'agit de la grande prêtresse Serleena (Lara Flynn Boyle ne transcende jamais la caricature), venue sur Terre pour récupérer la lumière de Zartha afin d'étendre son pouvoir; déguisée en vamp de magazine de mode, toute de noir vêtue, elle va donner du fil à retordre à l'agent Jay puisque Kay est maintenant hors circuit, travaillant comme postier. N'ayant aucun souvenir de son passé comme agent et encore moins de l'endroit où serait cachée la fameuse lumière, ce que lui seul peut savoir, Jay aura fort à faire pour le ramener au bercail.
Alors que Will Smith accapare l'écran pendant le premier tiers du film, on mesure rapidement l'efficacité redoutable du tandem qu'il forme avec Tommy Lee Jones, qui constituait déjà un des meilleurs ingrédients de Men In Black. Même si l'on a pu tromper son ennui avec Frank, un bouledogue bavard promu assistant de Jay (son interprétation toute personnelle de la chanson I Will Survive n'a rien à envier à celle de Gloria Gaynor... ), il manque la mine patibulaire de Jones pour que notre bonheur, bien éphémère dans les circonstances, soit complet.
Car celui-ci restera forcément petit tout au long de cette cavalcade. On y trouve pourtant tout ce que l'on y cherche: des répliques percutantes et des effets spéciaux spectaculaires, bref une puissante machine au service d'une fantaisie débridée sous fortes influences télévisuelles, et ce, dès les premières images, alors que Peter Graves s'amuse à se parodier lui-même en présentateur d'une émission sur les «mystères inexpliqués».
New York sert toujours de brillante toile de fond pour ces nouvelles aventures des hommes (et de la femme) en noir. Quelques retouches cosmétiques furent effectuées (le film ayant été tourné avant le 11 septembre, on a cru bon d'effacer ne serait-ce que l'ombre des tours jumelles), une absence notoire est à souligner (Linda Fiorentino, la scientifique sexy du premier film, s'est volatilisée) mais une chose persiste d'un épisode à l'autre: les extraterrestres les plus dégoûtants et les plus rigolos sont bel et bien parmi nous. Et ne semblent pas pressés d'aller se faire voir ailleurs, trop occupés à jeter un oeil en direction des étoiles et l'autre sur le tiroir-caisse.
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