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    Fantasia

    Le fils de Spock

    Adam Nimoy dévoile en primeur son documentaire sur son père, Leonard Nimoy

    15 juillet 2016 |François Lévesque | Cinéma
    Adan Nimoy rendant visite à son père Leonard lors du tournage de «Star Trek».
    Photo: Fantasia Adan Nimoy rendant visite à son père Leonard lors du tournage de «Star Trek».

    Le 27 février 2015 s’éteignait l’acteur Leonard Nimoy à l’âge de 83 ans. Partout dans le monde, on salua, ému, à la fois l’homme et le personnage qui le rendit célèbre : monsieur Spock, de la série Star Trek. Plusieurs mois avant son décès, le comédien avait entrepris la préparation d’un documentaire sur ce Vulcain entré dans la culture populaire dès sa création à l’initiative de son fils, Adam Nimoy. On s’est entretenu avec ce dernier en prévision de la première internationale à Fantasia ce samedi de For the Love of Spock, film qui, ultimement, prit une autre tournure.

     

    « À l’approche du 50e anniversaire de la série Star Trek, je me suis dit qu’il serait intéressant de produire un documentaire sur Spock, sur l’impact qu’a eu et continue d’avoir le personnage, explique Adam Nimoy. Dès le départ, mon père a insisté pour qu’on s’en tienne au personnage, et non à lui, et à sa vie, et à sa carrière. Il a toujours été modeste sur ce plan-là. Ce devait donc être une célébration de monsieur Spock, uniquement. Bref, on a lancé une campagne de sociofinancement qui a vite été couronnée de succès et moi, dans l’intervalle, j’ai commencé à aborder de possibles participants [anciens partenaires de jeu, vedettes des nouveaux films, membres de la famille et amis, etc.], à éplucher les archives — considérables — de mon père… »

     

    Une réaction intense

     

    À l’annonce de la mort de son père pendant la préproduction du documentaire, Adam Nimoy fut un peu pris de court par l’ampleur, et surtout l’intensité, de la réaction du public. Spock, l’ultime marginal de l’univers, avait des légions d’admirateurs qui projetaient sur lui leur propre vécu.

     

    « C’est soudain devenu une évidence… Ça s’est imposé face à ce déferlement de témoignages en provenance de partout. Car ceux-ci ne concernaient pas juste Spock, mais mon père ; des gens qui l’avaient côtoyé dans le travail, qui l’avaient lu ou encore qui l’avaient croisé lors de conventions. Mon père était très, très impliqué auprès des fans, et ce, depuis le début de Star Trek. Il n’a jamais refusé une apparition, une participation… Il avait un respect immense pour le public et, à l’évidence, le public le savait, le sentait. Et donc, le documentaire s’est transformé presque malgré moi. »

     

    Hommage senti à l’homme et à son rôle iconique, For the Love of Spock n’en montre pas moins les côtés sombres de Leonard Nimoy, qui reconnut sur le tard son alcoolisme. De la même manière, la relation tendue qu’entretinrent le père et le fils pendant des décennies est également abordée sans faux-fuyant.

     

    « C’est ma belle-mère [la seconde épouse de Leonard Nimoy] qui m’a fait prendre conscience de la nécessité d’en parler dans le documentaire. Pas tant pour moi, mais parce que ça fait partie de l’histoire de mon père. À ce propos, la lettre qu’il m’a écrite, adolescent, après une dispute acrimonieuse, et que je lis dans le film, je l’ai retrouvée pendant la production. Je l’avais conservée mais oubliée, depuis le temps. Ç’a été très émouvant d’en reprendre connaissance, car j’étais désormais beaucoup plus à même d’en saisir la profondeur. »

     

    Question d’équilibre

     

    Effrayant, de passer ainsi à une approche personnelle et non plus juste « publique » ?

     

    « Ça s’est fait tellement naturellement que je n’ai jamais douté, confie Adam Nimoy. Cela dit, je trouvais capital de maintenir un équilibre ; je ne voulais pas que ça devienne un truc sur moi par rapport à mon père. C’est un documentaire sur lui et sur Spock d’abord et avant tout. Au final, l’expérience s’est avérée très satisfaisante. Avec ce film, j’ai pu dire au revoir à mon père. »

     

    En plus de permettre au public d’en faire autant.













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