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    Père indigne

    Dans «Ange & Gabrielle», Patrick Bruel doit affronter la paternité sur le tard

    13 février 2016 |Manon Dumais | Cinéma
    Patrick Bruel avoue qu’il aimerait être courtisé par des cinéastes québécois.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Patrick Bruel avoue qu’il aimerait être courtisé par des cinéastes québécois.

    Il y a plusieurs années, en regardant Le grand échiquier, mythique émission culturelle animée par Jacques Chancel, Patrick Bruel est subjugué par le talent d’une actrice d’à peine 17 ans incarnant Gertrude dans La symphonie pastorale de Gide. Peu de temps après, Bruel est approché par Bernard Pivot qui lui demande d’inviter un artiste de son choix à Bouillon de culture. Sans hésiter, il choisit la prodigieuse actrice vue chez Chancel. Son nom : Isabelle Carré.

     

    Près de 25 ans plus tard, Anne Giafferi lui propose de partager le haut de l’affiche avec elle dans la comédie romantique Ange & Gabrielle, d’après la pièce L’éveil du chameau de Murielle Magellan. Sans hésiter, il accepte de jouer avec celle qu’il n’a pas revue depuis Bouillon de culture, mais dont il a suivi la carrière avec beaucoup d’intérêt. Acteur, chanteur et joueur de poker professionnel, l’homme a un emploi du temps chargé. Tous deux ne se voient donc que le premier jour du tournage pour la scène où Gabrielle gifle Ange. « Un sacré délire ! » lance Bruel, qui était de passage en décembre afin de promouvoir son album hommage à Barbara, Très souvent je pense à vous.

     

    « Dans les interviews, tous les acteurs disent que le tournage a été super, que tout le monde est content, bref, c’est le métier de donner une image positive du film », explique-t-il. « C’est rare de pouvoir dire ça, mais l’affiche d’Ange & Gabrielle est révélatrice de notre complicité et de ce qui s’est passé sur le plateau. Il y a eu un vrai supplément d’âme et cela transpire à travers le film puis rejaillit sur les gens. »

     

    Pères manquants

     

    Dans Ange & Gabrielle, Patrick Bruel incarne Ange, un célibataire endurci qui n’a jamais voulu reconnaître son fils (Thomas Soliveres). Un jour, Ange reçoit la visite de Gabrielle (Carré) qui le supplie de demander à son fils de reconnaître l’enfant qu’il a fait à sa fille de 17 ans qu’elle a élevée seule (Alice de Lencquesaing). Dès cette rencontre, orageuse, on constate que le courant passe entre Carré et Bruel.

     

    « Derrière cette rencontre insolite se cache le refus de paternité, de l’engagement, de la capacité à se laisser aimer et d’aimer. Si le film est un grand succès en France, c’est grâce à cette chimie entre elle et moi. Il y a quelque chose qui passe entre nous qui est de l’ordre du “ feel good ”. On a envie d’être avec Ange et Gabrielle, de partager un moment de vie avec eux. On se disait qu’on allait atteindre le million d’entrées avec ce film et puis, on a eu notre vendredi noir [les attentats de Paris] où là, tout s’est arrêté, sauf notre film. Les gens ont besoin de sourire dans ces temps-là. »

     

    Séducteur impénitent, Angen’est pas insensible au charme de Gabrielle, exaspérée par le comportement irresponsable du premier. « Les enfants sont la raison de la rencontre. C’est très joli parce qu’il y a la notion de passage et je trouve qu’Alice Giafferi a développé ça avec finesse. Ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit d’une séduction qui est totalement malgré lui. Ange a devant lui une femme qui ne correspond pas du tout aux stéréotypes qu’il a l’habitude de fréquenter et qui va bousculer tous ses a priori, ses habitudes. Il comprend pour la première fois qu’un plus une font mieux. »

     

    De Montand à Barbara

     

    Pour les besoins du film, Isabelle Carré a adopté un look rappelant celui de Françoise Dorléac. Pour sa part, Patrick Bruel s’est vu demander de s’inspirer d’Yves Montand. « J’ai plutôt essayé d’oublier. C’est terrible, Montand est tellement présent pour moi que plusieurs fois pendant le tournage, j’ai entendu “ Coupez ! Coupez, Patrick ! ” parce que je prenais ses intonations. Je joue Yves Montand au cinéma et je chante Barbara sur scène », dit-il avant de se lancer dans une imitation hilarante de l’interprète des Feuilles mortes.

     

    Ayant tourné sous la direction de Christian Duguay Un sac de billes, qu’il qualifie de joli film, Bruel avoue qu’il aimerait être courtisé par d’autres cinéastes québécois. Également, il affirme qu’il adorerait tourner la suite d’Ange & Gabrielle : « C’est rare que je dis ça, mais on aurait un beau sujet à développer. »













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