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    Sus à la cigarette au cinéma!

    L’OMS appelle les gouvernements à appliquer une classification aux films comportant des scènes répétées de consommation de tabac

    2 février 2016 |Odile Tremblay | Cinéma
    «Coco avant Chanel», dans lequel le personnage principal interprété par Audrey Tautou a presque toujours une cigarette à la main, est un film dont l’affiche a été jugée litigieuse par le service de transport de la RATP en France, en 2009.
    Photo: Alliance Vivafilm «Coco avant Chanel», dans lequel le personnage principal interprété par Audrey Tautou a presque toujours une cigarette à la main, est un film dont l’affiche a été jugée litigieuse par le service de transport de la RATP en France, en 2009.

    Les cigarettes, si longtemps pendues aux lèvres des femmes fatales, des hommes du monde et des gangsters dans les classiques du cinéma, voient sans doute leurs jours comptés au grand écran. Jean Gabin, Humphrey Bogart, James Dean, Audrey Hepburn, Marlene Dietrich, Glenn Close et autres Uma Thurman ou Anne Dorval seraient désormais sommés d’éteindre. Déjà suspects au cinéma nord-américain — avec au Québec le prix Cendrier remis aux cinéastes qui enfument leurs images —, voici pipes, cigares et cigarettes dans la mire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

     

    Cette dernière appelle les gouvernements à appliquer une classification aux films comportant des scènes répétées de consommation de tabac, afin de prévenir enfants et adolescents des dangers de la nicotine. Le cinéma les inciterait à fumer. Des études américaines montrent que tel est le cas pour 37 % des nouveaux fumeurs. En 2014, plus de six millions d’entre eux y auraient trouvé un incitatif. Cette année-là, 44 % des productions hollywoodiennes comprenaient la consommation de tabac.

     

    Selon le docteur Douglas Bettcher, de l’OMS, le cinéma serait un des derniers bastions d’images de consommation de tabac sans restriction alors que la publicité pour le tabac se voit de plus en plus strictement réglementée ailleurs. L’OMS suggère donc un système de classification des films enfumés ainsi que la diffusion de messages antitabac.

     

    Des pays ont pris les devants. Ainsi, la Chine a fait bannir de ses productions cinématographiques les scènes où l’on fumait trop. L’Inde a réglementé l’affichage des marques de cigarettes au cinéma comme à la télévision. En France, en avril 2015, l’idée d’interdire leur usage au septième art national a fait l’objet d’un débat parlementaire. Selon une étude datant de 2012, 80 % des films français contiennent des scènes de tabagisme, alors que la loi Évin interdit la publicité directe ou indirecte de ces produits.

    En 2009, Métrobus, régie publicitaire du groupe de transport RATP, avait refusé sur cette base des affiches litigieuses. Audrey Tautou avait dû remiser sa cigarette dans la promotion du film Coco avant Chanel. Jacques Tati avait perdu sa célèbre pipe sur une affiche de son chef-d’oeuvre Mon oncle annonçant sa rétrospective à la Cinémathèque française. Ce qui, pour les films historiques, tient du révisionnisme, et avait fait hurler dans l’Hexagone bien des cinéphiles. Dans l’ouvrage Tabac et cinéma, histoire d’un mythe, publié chez Scope Édition en 2008, Adrien Gombeaud offre aux nostalgiques un périple au pays de la fumée au cinéma, longtemps signe d’affranchissement et qui constituait, en outre, le lien parfait au fondu enchaîné à l’époque du noir et blanc.













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