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    Censure

    Des cinéastes iraniens se rangent derrière un des leurs

    Le jeune Keywan Karimi a été condamné à six ans de prison et 223 coups de fouet

    7 décembre 2015 |Agence France-Presse | Cinéma

    Nicosie — Quelque 130 cinéastes iraniens ont écrit une lettre de soutien à l’un des leurs, Keywan Karimi, condamné en première instance à Téhéran à six ans de prison et 223 coups de fouet, avant l’examen de son appel prévu le 23 décembre.

     

    Dans cette lettre transmise à l’AFP, les cinéastes se déclarent « choqués » par cette condamnation en première instance et « espèrent » qu’en appel, « les malentendus seront levés et que Keywan Karimi sera acquitté » des accusations « d’insulte envers le sacré ».

     

    Parmi les signataires figure le réalisateur Jafar Panahi qui a obtenu l’Ours d’or du dernier festival cinématographique de Berlin pour son film Taxi, tourné clandestinement à Téhéran malgré une interdiction de filmer imposée au réalisateur par les autorités iraniennes.

     

    Keywan Karimi, musulman sunnite originaire du Kurdistan iranien (ouest), semble avoir été condamné pour des scènes d’un film documentaire consacré aux graffitis politiques sur les murs de Téhéran, intitulé Écrire sur la ville.

     

    « Ce film n’a rien à voir avec les questions sacrées » et l’accusation n’a pas précisé « quelles scènes constituaient une insulte au sacré », a affirmé son avocat, Amir Raeesian.

     

    Avant la lettre des cinéastes iraniens, une campagne internationale de soutien à Keywan Karimi avait été lancée à laquelle ont participé de nombreux cinéastes français, italiens et espagnols.

     

    « Keywan Karimi rejoint la trop longue liste des artistes, journalistes et citoyens condamnés par l’Iran au mépris de la plus élémentaire liberté d’expression ou de pensée », avaient écrit en octobre dans un communiqué les cinéastes français de l’Association des auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP).

     

    Plusieurs journalistes réformateurs et artistes ont récemment été arrêtés en Iran, accusés de faire partie d’un « réseau » financé par des services de renseignements américains et aidé par plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Suède.

     

    Le guide suprême Ali Khamenei, plus haute autorité politique et religieuse d’Iran, met régulièrement en garde contre l’infiltration « politique et culturelle » des États-Unis.













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