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    Humez-moi ça!

    Le sens olfactif: le plus sauvage et le plus mystique de nos sens

    28 mars 2015 |Odile Tremblay | Cinéma
    Le nez est un véritable voyage au royaume de l’odorat, le plus méconnu de nos cinq sens.
    Photo: FunFilm Le nez est un véritable voyage au royaume de l’odorat, le plus méconnu de nos cinq sens.
    Cinéma
    Le nez
    ★★★1/2
    Réalisation : Kim Nguyen. Image : Nicolas Fransolet. Montage : Vidal Béique. Québec, 2014, 84 min. Versions française, ou anglaise ou italienne avec s.-t.f.

    C’est à un bien séduisant documentaire que nous convie Kim Nguyen pour sa première incursion hors du champ de la fiction. Dans cette oeuvre libre qui suit ses volutes avec un lyrisme mâtiné d’humour, le cinéaste de Rebelle nous entraîne dans un voyage au royaume de l’odorat, le plus mystique, le plus sensuel, le plus sauvage et le plus méconnu de nos cinq sens. Nez, truffiers, sommelier (François Chartier, passionnant) se succèdent, même un parfumeur qui s’est donné la mission de reconstituer l’odeur d’un sexe de femme. Dans un hôpital, des personnes âgées en perte de mémoire retrouvent des souvenirs grâce à des odeurs respirées au cours de l’enfance, car l’odorat, comme Proust l’avait compris, est le sens qui conserve le plus longtemps en banque la mémoire enfouie des émotions perdues.

     

    De grandes questions sont posées sur l’origine de l’ambre gris, qui n’est pas, comme le veut la croyance populaire, du vomi de baleine, mais bien des excréments de cétacés allergiques à des crustacés, d’où la rareté du précieux produit entrant dans la composition des meilleurs parfums. Tout comme le musc, issu de sécrétions sexuelles de certains mammifères, l’odeur la plus excitante ne venant pas toujours de l’arôme des fleurs, mais de l’animalité. Les femmes, dit-on, seraient attirées par un homme en grande partie à cause de l’odeur qu’il dégage, et l’usage de parfum masculin pourrait les induire en erreur, alors gare ! La journaliste et écrivaine américaine Molly Birnbaum crève l’écran en évoquant sa perte d’odorat à la suite d’un accident, avec retours d’odeurs fantômes, puis peu à peu des arômes de la vie.

     

    Le style du documentaire est libre donc. On saute d’un pays à l’autre, avec détour par le Maroc où la culture du safran crée le fumet d’amour. En Italie, dans un village, un homme armé qui ressemble aux despérados de la Conquête de l’Ouest, trouve et vend les truffes précieuses que convoitent d’inquiétants concurrents. Et un repas en commun devient un des points forts de ce périple. Ce documentaire se révèle d’autant plus instructif qu’on ignore bien des choses sur ce sens olfactif qui nous mène pourtant par le bout du nez. Un regret : ne pas voir ce film… en odorama.

    Le nez
    ★★★ 1/2
    Québec, 2014, 84 minutes. Réalisation de Kim Nguyen. Image de Nicolas Fransolet. Montage de Vidal Béique. Versions française, ou anglaise ou italienne avec s.-t.f.












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