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    Kim Nguyen, nez au vent

    Le cinéaste de «Rebelle» propose son premier documentaire

    21 mars 2015 |Odile Tremblay | Cinéma
    Kim Nguyen affirme avoir voulu transgresser les règles du genre documentaire.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Kim Nguyen affirme avoir voulu transgresser les règles du genre documentaire.

    Les Québécois connaissent déjà le cinéaste de Rebelle. Film tourné au Congo et bardé de prix, il l’aura entraîné jusqu’à Hollywood, pour sa nomination aux Oscar en 2013. Plusieurs le suivaient à travers ses précédents films de fiction, Le marais, Truffe, etc., touchant aux rives du fantastique.

     

    Or voici Kim Nguyen à la barre d’un premier documentaire, Le nez, lancé en novembre dernier à l’ouverture des Rencontres du documentaire de Montréal, en salle dès vendredi. Le long organe de Cyrano est ici étudié à travers sa fonction olfactive, par des parfumeurs, des scientifiques, un sommelier, des hypersensibles de l’odorat, une personne qui a longtemps perdu l’odorat après un accident : Molly Birnbaum, journaliste et écrivain, etc. Mosaïque d’odeurs diverses commentées, respirées et dégustées de suave manière, tel est Le nez.

     

    « Je me suis permis de transgresser les règles du genre, précise-t-il. Au documentaire, on raconte toujours des histoires à travers une arche dramatique, mais j’ai suivi une route plus sinueuse en privilégiant l’errance, le plaisir. La forme se transforme au gré des situations. On a fait venir en Italie Molly pour une grande fête autour de la truffe, où un homme en vendait à un restaurateur à prix d’or. »

     

    Aux yeux du cinéaste, l’odorat est associé au désir, à la mémoire, à la sexualité, à la spiritualité aussi sous l’encensoir. Une odeur peut éveiller des souvenirs enfouis, comme Proust retrouvant des fragments de son enfance en humant une madeleine trempée dans du thé. « Il s’agit du sens le plus animal chez l’être humain, le moins domestiqué dans notre monde aseptisé, lié à son cerveau reptilien. » Certains parfums, comme le montre le film, sont composés en partie d’ambre gris — des déjections de baleine — et de musc, issu des organes génitaux de certains mammifères. Tout n’est pas que rose dans l’odeur envoûtante.

     

    Chose certaine, l’expérience lui a donné la piqûre du documentaire et il promet de récidiver.

     

    L’homme qui a vu l’ours

     

    Kim Nguyen vous dira que sa nomination aux Oscar lui a ouvert des portes. Ainsi, pour le film qu’il tourne en anglais, Two Lovers and a Bear — inspiré d’expériences de Louis Grenier, propriétaire de l’entreprise Kanuk —, il put avoir à sa distribution les jeunes stars montantes Dane DeHaan (The Place Beyond the Pines) et Tatiana Maslany (la série Orphan Black), parce qu’il a désormais ses entrées à la Creative Artists Agency (CAA), banque de talents à Hollywood.

     

    Ce film canadien est tourné à Iqaluit, au Nunavut, à Timmins, au nord de l’Ontario, et sur une ancienne base militaire d’Ottawa. D’ailleurs, un grizzly de la Colombie-Britannique (seul spécimen entraîné pour les tournages) était transporté par voie terrestre il y a deux semaines sur son plateau. « Dans une ville fictive du Grand Nord, ce film est l’histoire de deux amoureux : Lucie, à moitié inuite, et Roman, un Blanc anglophone. Ils partent pour fuir les démons qui les habitent. On est presque dans un univers de science-fiction, mais avec des relents de Shining. »

     

    Kim Nguyen a un autre projet dans sa manche, une histoire inspirée de l’aventure vécue d’un homme au cours des années 1950 et 1960 qui a marché de Tokyo à Paris en dépensant un dollar par jour.













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