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    Racines entremêlées

    13 mars 2015 |Odile Tremblay | Cinéma
    Roy Dupuis et Joséphine Bacon en discussion dans «L’empreinte».
    Photo: Mediafilm Roy Dupuis et Joséphine Bacon en discussion dans «L’empreinte».
    Cinéma
    L’empreinte
    Réalisation et scénario : Carole Poliquin et Yvan Dubuc. Image : Julien Fontaine. Musique : Jorane. Montage : Annie Jean. Avec Roy Dupuis. 88 min.

    Documentaire fascinant par les portes qu’il ouvre sur l’éternelle quête d’identité du peuple québécois, mais aussi par sa volonté de combler des trous dans l’enseignement de l’histoire, L’empreinte de Carole Poliquin et Yvan Dubuc invite aux réconciliations. Avec les autres peuples qui ont enrichi nos bagages collectifs, les Premières Nations en l’occurrence, mais aussi avec des valeurs collectives dont il rappelle les particularismes.

     

    Suivant la piste d’une francophonie québécoise métissée dans ses moeurs et ses structures sociales, très influencée par les premiers peuples, égalitariste là où la France demeure hiérarchique, des historiens, anthropologues, représentants des Premières Nations, etc., viennent nourrir cette réflexion.

     

    Que ce soient les anthropologues Serge Bouchard et Nicole O’Bomsawin, la poétesse innue Joséphine Bacon, l’historien Denys Delâge, la psychanalyste Jacqueline Lanouette, la juge Louise Otis, instigatrice de la médiation judiciaire au Québec, bien d’autres, la mosaïque ici dévoilée ne colle plus à la notion de « pure laine », trop restrictive, mais ouvre le champ. Retour sur l’importante relation tissée en Nouvelle-France entre les Français et les nouveaux peuples qui les aidèrent à survivre alors que maints coureurs des bois préféraient s’ensauvager plutôt que de vivre une existence étroite tissée d’interdits religieux.

     

    Tout aurait basculé à la Conquête, alors que les liens à tisser avec les nouveaux maîtres auraient coupé ceux qui les attachaient aux Amérindiens. Les décors se multiplient dans le film, et la conversation au bord de l’eau de Roy Dupuis et Joséphine Bacon apparaît particulièrement touchante, comme un pont hissé entre deux rives trop longtemps isolées. L’acteur, par sa notoriété, peut accroître l’audience cible de ce documentaire, dont les questionnements rejoignent les siens propres.

     

    Le fait que les valeurs québécoises contemporaines, dont la quête du consensus, le collectivisme — menacées toutefois par le vent d’individualisme —, se voient attachées à un héritage longtemps occulté donne un son de cloche inédit qui mérite réflexion. Carole Poliquin et Yvan Dubuc, par leur engagement, mais aussi par leur recul par rapport à une société dont ils cherchent à débusquer les angles morts, font oeuvre d’éclaireurs. On salue aussi la belle musique de Jorane et le montage dynamique d’Annie Jean.

    L’empreinte
    ★★★ 1/2
    Canada, 2014, 88 minutes. Réalisation et scénario : Carole Poliquin et Yvan Dubuc. Image : Julien Fontaine. Musique : Jorane. Montage : Annie Jean. Avec Roy Dupuis.












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