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    Bienvenue dans le suspense interactif

    En recourant à de véritables images cinématographiques dans «Missing», la barrière qui empêchait certaines personnes de s’adonner aux jeux vidéo vient d’être levée

    27 novembre 2014 |Claude Lévesque | Cinéma
    Dans le premier épisode de «Missing», Roy Dupuis joue le rôle de Sam, un détective qui enquête sur une série de disparitions, tandis que Patrick Hivon (photo) incarne la dernière victime en date, Dave, que le joueur-spectateur doit aider en faisant avancer l’intrigue.
    Photo: Zandel Média Dans le premier épisode de «Missing», Roy Dupuis joue le rôle de Sam, un détective qui enquête sur une série de disparitions, tandis que Patrick Hivon (photo) incarne la dernière victime en date, Dave, que le joueur-spectateur doit aider en faisant avancer l’intrigue.

    Est-ce un film, une télésérie, un jeu vidéo ? Eh bien, c’est tout cela à la fois : une histoire filmée avec de vrais acteurs, en l’occurrence Roy Dupuis et Patrick Hivon, aucun effet spécial mais beaucoup d’interactivité pour le joueur-spectateur, qui doit mettre du sien s’il veut que l’intrigue se déroule et que les personnages se sortent de situations périlleuses.

     

    Missing, c’est une télésérie interactive dont le premier épisode est disponible en ligne (pour 1,99 $) depuis quelques jours, en français et en anglais. Selon son concepteur Simon Tremblay, un ancien employé du géant des jeux vidéo Ubisoft, il s’agit d’un produit vraiment inédit. « On a beaucoup parlé de convergence. Il y a eu des jeux vidéo basés sur des films et des films basés sur des jeux vidéo, mais c’est resté deux industries séparées qui ne se parlaient pas. Ce qu’on a appelé des « webséries interactives », c’étaient des trucs où on regarde pendant 95 % du temps pour un clic toutes les 15 minutes. Où est la convergence ? Où est le projet qui marie jeu et film dans un nouveau produit ? »

     

    M. Tremblay a fondé en 2011 une maison de production, Zandel Média, avec l’objectif de produire ce jeu-télésérie nouveau genre.

     

    Dans le premier épisode de Missing, Roy Dupuis joue le rôle de Sam, un détective qui enquête sur une série de disparitions suivies de meurtres, tandis que Patrick Hivon incarne la dernière victime en date, Dave, que le joueur-spectateur doit aider en faisant avancer l’intrigue. Il s’agit de trouver qui est le ravisseur-tueur, et surtout de découvrir son mobile. Le tournage n’a pris que quatre jours (avec 30personnes sur le plateau, quand même !), mais la postproduction et la programmation ont duré quatre mois.

     

    Roy Dupuis explique qu’il a joué, à quelques détails près, de la même façon que dans n’importe quelle autre télésérie. « Pour moi, Missing est plus une télésérie interactive qu’un jeu vidéo, dit-il. Il y a vraiment une intrigue. Il y a juste des moments où on sait que le joueur-spectateur doit prendre une décision et où il faut un peu étirer. Mais c’est la même chose. »

     

    « J’ai déjà été amateur de jeux vidéo, mais je n’en trouve plus qui viennent me chercher, poursuit l’acteur. Je fais partie de la génération qui attendait cinq ans avant d’avoir la suite de Myst. C’était un monde virtuel où les puzzles étaient à la fois complexes et magiques. Je ne retrouve plus ça. »

     

    On reproche souvent aux jeux vidéo d’être très violents. Or il n’y a ni explosions ni coups de fusil dans Missing. « Je ne suis pas du genre à aimer les guns plus qu’il ne faut. Ça me stresse trop, confie Patrick Hivon. Jepréfère les énigmes, les jeux qui présentent des problèmes à résoudre. Quand c’est accrocheur, j’embarque souvent. »

     

    « La violence est tout entière dans l’ambiance oppressante. J’aime les histoires avec du mystère », ajoute Roy Dupuis, qui déplore qu’on ne trouve plus guère dans les boutiques d’applicationsque « de l’action rapide ».

     

    « Bon pour tout »

     

    « Je trouve qu’on vient d’ouvrir quelque chose qui est infini. C’est bon pour la comédie, c’est bon pour le drame, c’est bon pour tout », croit Patrick Hivon.

     

    Ce qui semble faire l’originalité de Missing, c’est le fait que l’interaction est totalement intégrée à la partie filmée. On est tout le temps dans le film, sans interruption due à un chargement de données, sans qu’il y ait une « roulette qui tourne ». Simon Tremblay veut garder le secret sur les trucs de programmation qui ont permis de réaliser cet exploit.

     

    Selon Simon Tremblay, les gens qui ne sont pas des adeptes de jeux vidéo à qui on a proposé d’essayer Missing ont aimé le produit. Celui-ci est disponible pour les tablettes électroniques, mais le concepteur affirme que la technologie permettant de le faire jouer sur un téléphone ou un ordinateur est prête. Pour le lancement, Simon Tremblay dit avoir voulu s’adresser « aux nouveaux consommateurs qui sont en train de couper le câble ».

     

    Tout en reconnaissant la grande valeur des films d’animation, le fondateur de Zandel Média croit avoir levé, en recourant à de véritables images cinématographiques, une barrière qui empêchait certaines personnes de s’adonner aux jeux vidéo.

     

    « Le lien est plus intense avec de vrais personnages qu’avec des images de synthèse », note Roy Dupuis.

     

    Selon Simon Tremblay, les organismes subventionnaires ne savent pas dans quelle catégorie classer un projet comme sa télésérie. Il croit pour sa part que ce genre d’oeuvre offrira à l’avenir de nombreux débouchés pour les gens de cinéma.













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