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    La technologie comme vecteur d’humanité

    Le documentaire participatif «Un 30 mai ici-bas» décline une date en 1000 facettes de vie

    31 octobre 2014 |François Lévesque | Cinéma
    Sorte d’instantané kaléidoscopique dégageant une impression d’immédiateté, voire de présent amplifié, «Un 30 mai ici-bas» progresse de façon fluide.
    Photo: Un 30 mai ici-bas Sorte d’instantané kaléidoscopique dégageant une impression d’immédiateté, voire de présent amplifié, «Un 30 mai ici-bas» progresse de façon fluide.

    L’idée est à la fois simple et brillante : inviter les gens à fourbir leurs téléphones intelligents ou leurs tablettes électroniques afin de filmer un bout de leur quotidien, un jour donné, puis recréer ladite journée en assemblant les fragments soumis. Un 30 mai ici-bas a été imaginé et réalisé par le confrère Fabien Deglise, spécialiste des nouveaux médias, qui propose là un documentaire participatif novateur et stimulant.

     

    Ils sont plus d’un millier à avoir répondu à l’appel. Des gens de toutes les régions du Québec, mais aussi de l’étranger, notamment de la Chine. Chacun reconnaîtra un morceau de chez soi, ou d’un lieu déjà visité ; d’aucuns iront de lieux inconnus en sentiments de déjà-vu. On ne nomme aucun endroit, et c’est très bien ainsi. Des envolées musicales surviennent au gré d’un montage organique, intuitif.

     

    La lecture est aisée et dynamique, l’expérience se faisant tour à tour contemplative puis amusée, selon la teneur du moment. Partout, successivement, des hommes, des femmes et des enfants sortent du lit ; suit un défilé hétéroclite de brossages de dents, etc. On est transportés à la mer, au bord d’un lac, dans une baignoire. Du macro au micro, le mouvement est constant ; tout bouge. Une vision du monde se forme, ou la technologie comme vecteur d’humanité.

     

    Les surprises et les trouvailles visuelles abondent, des jeux de mise en abîme par caméras et objectifs interposés à la caméra miniature posée sur un robot aspirateur autonome. Oui, il y a une séquence de chats, en écrans partagés, rien de moins.

     

    Mosaïque humaine

     

    Certains cinéastes ont embarqué de bon gré, tels Olivier Asselin, Philippe Falardeau, Anaïs Barbeau-Lavalette, Julien Fontaine, Stéphane Lafleur, Manon Briand, Philippe Gagnon, Mathieu Roy, Stefan Milejevic, Ricardo Trogi… Du monde talentueux et sensible, en somme, et manifestement désireux de participer à une aventure inédite qui brosse un portrait en mosaïque non seulement d’une journée particulière, mais de la société actuelle.

     

    Sorte d’instantané kaléidoscopique dégageant une impression d’immédiateté, voire de présent amplifié, Un 30 mai ici-bas progresse de façon fluide. Parce qu’il fait toujours jour quelque part, parce qu’il fait toujours nuit quelque part, l’alternance des deux crée l’illusion d’une journée sans fin, paradoxalement cyclique et en perpétuelle mutation. La Terre tourne, un jour passe…

     

    Ce documentaire sera présenté en primeur à la Société des arts technologiques (SAT) le lundi 3 novembre à 19 h. La projection sera suivie d’une discussion animée par Fabien Deglise, avec comme invités : Serge Bouchard, anthropologue, Alexis Martin, comédien et auteur, ainsi que Manon Barbeau, réalisatrice. Billets : billetterie.sat.qc.ca

    Sorte d’instantané kaléidoscopique dégageant une impression d’immédiateté, voire de présent amplifié, «Un 30 mai ici-bas» progresse de façon fluide. Partout, successivement, des hommes, des femmes et des enfants sortent du lit ; suit un défilé hétéroclite de brossages de dents, etc.
    Un 30 mai ici-bas
    Concept et réalisation : Fabien Deglise. Montage : Michel Cordey. Québec, 2014, 46 minutes.












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