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    À surveiller au Festival du nouveau cinéma

    14 octobre 2014 |Odile Tremblay | Cinéma
    Michel Houellebecq
    Photo: Pedro Armestre Agence France-Presse Michel Houellebecq






















     LIRE NOTRE DOSSIER  

     

    Le parcours cinéphilique du Festival du nouveau cinéma (FNC) vient de s’enrichir de deux importants films surprises : APigeon Sat on a Branch Reflecting on Existence, du maître suédois Roy Andersson, lauréat du Lion d’or au dernier Festival de Venise. Dernier volet d’une trilogie après Chansons du 2e étage et Nous les vivants, ce film se veut la réflexion existentielle de deux vendeurs de bébelles, en parallèle au retour sur terre du roi Charles XII, servi avec satire, surréalisme, et compassion.

     

    Capture de dernière heure aussi, ce Pasolini d’Abel Ferrara (Bad Lieutenant, Welcome to New York), regard oblique sur le dernier jour du poète cinéaste Pier Paolo Pasolini (campé par Willem Dafoe) assassiné à Rome le 2 novembre 1975 par un voyou.

     

    Sinon, Le Devoir a dragué des films pour vous (présentés de ce mardi à vendredi).

     

    L’enlèvement de Michel Houellebecq est une hilarante comédie du Français Guillaume Nicloux. Le film est une mise en abyme du renfrogné écrivain de La carte et le territoire. Houellebecq s’incarne lui-même, façon goguenarde, sa sale tronche faisant merveille dans l’ironie. Paradoxalement, il se révèle. La raison de l’enlèvement ne sera jamais élucidée, pure occasion de confronter l’intello à des profils populaires. L’auteur d’Extension du domaine de la lutte profitera de sa détention pour apprendre… la lutte.

     

    Noël Mitrani (Sur la trace d’Igor Rizzi) livre avec Le militaire, dans un Montréal automnal, une oeuvre poignante et radicale sur la solitude urbaine avec son acteur d’élection Laurent Lucas. Rôle de maturité pour l’interprète français adopté au Québec, puissant et concentré dans la peau d’un militaire retraité, boiteux, ivre d’esseulement, fétichiste, voyeur. Ses petits rituels du matin, ses approches de moins en moins furtives auprès de jeunes femmes dont il veut capturer l’essence pour s’en repaître chez lui, nous entraînent dans un univers virtuel douloureux : pur miroir de nos sociétés d’exclusion.

     

    Et parlant d’exclusion à Montréal, Fucké, de Simon Gaudreau, dans la lignée d’urgence de son King of the l’Est, nous entraîne chez des hommes qui vivent dans des logements sociaux du Plateau Mont-Royal. L’un est un ancien athlète blessé et recalé, un autre fut orphelin de Duplessis, un junkie se pique devant la caméra. Claude est celui qui vit dans la plus grande misère. En fauteuil roulant, se déplaçant difficilement, son appartement est une soue, sa toilette bouchée depuis des mois (où sont les travailleurs sociaux?). Mais sous les visages marqués par la vie, ces hommes tiennent des discours d’entraide, de spiritualité et parfois d’espoir, prouvant que dans le creuset des pires douleurs naît aussi la lumière du monde.

     

    El Ardor, du cinéaste argentin Pablo Fendrik, donne la vedette à Gael García Bernal, acteur star engagé, qui appuie des productions d’Amérique latine en rébellion contre le système. Ici, derrière une histoire d’amour et de vengeance d’un misanthrope (García Bernal) témoin du massacre d’un paysan par des mercenaires qui veulent lui prendre sa terre, c’est le sort de la jungle amazonienne en peau de chagrin qui se joue. Un peu western sur les bords avec romance facile, quant au reste.

     

    À ne pas manquer : la projection de l’excellent Félix et Meira, de Maxime Giroux (classé meilleur film canadien au Festival de Toronto), sur l’improbable mais fascinante histoire d’amour entre une juive hassidique du Mile End et un fils de famille asocial pur francophone.













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