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    Festival international du film black

    Noir espoir en ouverture

    23 septembre 2014 |Odile Tremblay | Cinéma
    «L’autre moitié du soleil» du Nigérian Biyi Bandele clora le festival.
    Photo: Source Festival international du film black «L’autre moitié du soleil» du Nigérian Biyi Bandele clora le festival.

    C’est un beau film en lien direct avec la terrible actualité des passeurs africains sans scrupule, Hope de Boris Lojkine, qui assure ce mardi soir au cinéma Impérial l’ouverture du 10e Festival international du film black de Montréal, en piste jusqu’au 28 septembre. Enfanté par la Fondation Fabienne Colas, celui-ci fait la part belle cette année à l’accueil de plusieurs cinéastes, dont l’Américain Spike Lee, qui recevra un hommage ce mercredi avant la première de son dernier film Da Sweet Blood of Jesus.

     

    Hope, primé à La semaine de la critique au dernier Festival de Cannes, ici présenté en première américaine, est une variation sur ce qui est devenu un genre cinématographique en soi : la traversée du désert d’Africains subsahariens puis les démarches auprès des passeurs, la quête d’argent et la traversée vers l’Europe au mépris de tous les dangers. Hope, particulièrement fin et touchant, s’y démarque. Une rencontre entre un migrant camerounais et une jeune Nigériane abandonnée à elle-même débouche sur une romance, car dans ce monde sans pitié, le seul pari possible devient celui de l’amour. Le cinéaste français présente ce périple sans mièvrerie et sans édulcorer ses terribles étapes. La jeune Endurance Newton se révèle particulièrement vibrante dans ce film, où la prostitution obligée permet de gagner le prix du passage. Tout est dans la belle caméra, le ton juste, jamais moralisateur, et dans cette violente espérance qui est également le prénom de la jeune femme.

     

    Vu aussi le documentaire doublé d’un film d’animation Victorieux ou morts, mais jamais prisonniers de Mario Louis Delatour, cinéaste haïtien qui répondra aux questions des spectateurs après la projection. Fort instructif, un peu lourd dans sa voix hors champ, mais bien fait, mêlant documents d’archives et bonnes scènes d’animation recréant l’action, le film ressuscite le coup d’État de 1958 contre le dictateur François Duvalier. Trois anciens militaires sous le régime de Paul Magloire et cinq aventuriers américains s’emparent des casernes Dessalines, base de l’armée haïtienne, avant d’être massacrés. Des observateurs, des membres des familles des conjurés, évoquent le contexte en séries d’entrevues. Cette sanglante nuit de juillet fit trembler le pouvoir plus que les autres tentatives de putsch contre Papa Doc.

     

    Très bien Under the Starry Sky (Des étoiles) de Dyana Gaye, une coproduction France-Sénégal. Vraiment ces profils en trois villes, Dakar, Turin, New York, de jeunes Africains qui choisissent ou non l’exil, avec une galerie de personnages colorés ou simplement pleins de naturel, nous touchent. Une musique inspirée, une belle lumière sur les ports, l’élégance de la caméra, le scénario bien tissé en font un des beaux films sur l’immigration ; genre qui produit de plus en plus de perles.

     

    Quant au film de clôture, L’autre moitié du soleil du Nigérian Biyi Bandele (en salles le 3 octobre), il sera présenté en première québécoise au Festival black le 28 septembre.

     

    Une de ses vedettes est Chiwetel Ejiofor, dont la douloureuse prestation nous avait éblouis dans 12 Years a Slave de Steve McQueen. Mais il est moins bon ici. À ses côtés : Thandie Newton (Crash, The Pursuit of Happyness), Anika Noni Rose (As Cool As I am), Joseph Mawle (Abraham Lincoln) et Hakeem Kae Kazim (Hotel Rwanda).Un peu trop « all stars » pour couler de source, le film trace un survol historique sur 50 ans. Deux soeurs nigérianes, séparées en 1960, s’uniront beaucoup plus tard pour la conquête de l’indépendance. Toute une partie du film est tournée comme les productions nigérianes numériques, avec passions amoureuses, trahisons, etc., qui alourdissent L’autre moitié du soleil. Les segments historiques sont plus réussis.













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