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    Dix ans de Cinema Politica

    12 février 2014 |Odile Tremblay | Cinéma
    Svetla Turnin, Ezra Winton et Inês Lopes sont au cœur de Cinema Politica.
    Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Svetla Turnin, Ezra Winton et Inês Lopes sont au cœur de Cinema Politica.

    Ils sont venus à trois, Ezra Winton, Svetla Turnin et Inês Lopes, heureux de parler de ce qui est davantage qu’un réseau, un vrai mouvement fondé et nourri avec leurs convictions profondes. Cinema Politica, c’est une aventure née en 2003 à l’Université Concordia.

     

    Ezra Winton, fondateur-directeur du programme, rappelle à quel point le climat était bouillonnant dans le campus montréalais. Des manifestations étudiantes se déroulaient en marge des affrontements israélo-palestiniens en pleine Intifada. « On se battait pour les droits de la personne. On a formé Cinema Politica comme le média d’un groupe activiste. » Ce ciné-club consacré à 99 % de documentaires engagés est en glorieuse expansion.

     

    Dix ans plus tard, Cinema Politica compte 72 ciné-clubs au Canada, dont 9 au Québec anglophone et francophone (à l’UQAM, à l’Université Laval, au Cégep de Rimouski, etc.) et 24 à l’international, avec tentacules en France, au Kenya, en Indonésie. En gros, l’organisme sans but lucratif conserve 600 films en banque, disponibles à travers le réseau. « Mais on aide aussi à trouver des oeuvres correspondant à chaque clientèle», précise Svetla Turnin, la directrice exécutive et cofondatrice du réseau. La fréquence des projections varie ; une fois par semaine à Concordia, parfois une fois par mois ailleurs. « Chaque ciné-club est indépendant. » Le groupe travaille aussi auprès des communautés autochtones pour implanter des volets, trouve ses oeuvres un peu partout, via les festivals parfois. « Mais on préfère appuyer des cinéastes peu connus ayant un point de vue original », précise Svetla Turnin.

     

    Le 9 avril, le documentariste et ex-otage au Caire John Greyson viendra présenter son nouveau film à l’auditorium de Concordia. Grand événement. D’ici là, bien des oeuvres seront au menu, dont le 3 mars, un sujet d’actualité cuisante : Return to Homs de Talal Derki, sur le prix humain de la résistance syrienne.

     

    Le film ne vient pas seul, puisque les cinéastes en chair et en os ou sur Skype échangent avec le public, étudiant ou pas. Tous sont invités, avec contribution volontaire. « Voir une salle de 500 personnes discuter après le film 45minutes ou même une heure et demie, c’est courant. De vrais moments de lucidité sont partagés », s’émerveille Ezra Winton. Pour Inês Lopes, au conseil d’administration de l’organisme et fondatrice de sa branche à l’UQAM, un des intérêts du réseau réside dans l’échange entre les universités en art, en biologie, etc. « Ça crée partout une vraie conscientisation. »

     

    Ils ont créé une initiative : adopter un documentaire. À l’aide de campagnes de collectes de fonds, de la contribution des ciné-clubs au réseau, Cinema Politica aide à financer certains documentaires. Mais rien n’est évident. L’organisme paie des droits sur les films diffusés, et malgré un appui des conseils des arts du Canada et du Québec, ses coffres ne débordent pas. Par principe, l’organisme refuse les dons des compagnies. Tout à son honneur. « Mais on aimerait bien gagner cinq millions », lance Ezra Winton, qui les insufflerait surtout dans les communautés autochtones éloignées. Les rêves ne meurent pas.













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