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À voir à la télévision le mercredi 29 octobre - De Cabiria à Charity

André Lavoie   25 octobre 2003  Cinéma
Le danseur et chorégraphe Bob Fosse a été littéralement séduit par Les Nuits de Cabiria et surtout par la bouille sympathique de cette prostituée au grand coeur inventée par Fellini, qui lui vaudra l'Oscar du meilleur film étranger en 1958. Pour Fosse, de Rome à New York, il n'y a qu'un pas de danse, et de Cabiria à Sweet Charity, un même personnage de jeune femme naïve dont l'amour est la seule religion, la seule véritable raison de vivre.

Alors qu'il triomphait déjà sur les scènes de Broadway et qu'il faisait danser les plus grandes stars d'Hollywood, ses premières pirouettes de réalisateur, il les fera en 1969, toujours en compagnie de Charity. Pour incarner cette «hôtesse» (pas question d'exposer dans le film toutes les facettes de ses activités professionnelles...), Shirley McLaine s'est révélée parfaite, en dextérité comme en drôlerie, peu importe qu'elle joue les majorettes sur l'esplanade du Lincoln Center ou qu'elle pleure toutes les larmes de son corps au beau milieu de Central Park. Par contre, les merveilleuses chansons There's Got to Be Something Better Than This et If My Friend Could See Me Now n'éclipsent pas toujours l'excitation du cinéaste à multiplier les zooms, les fondus enchaînés et les coupes franches, comme un enfant s'amusant avec sa première caméra...

Après un triomphe sur scène à sa création en 1966 et un succès à l'écran qui devra tout autant à la présence de McLaine qu'aux époustouflantes chorégraphies où Bob Fosse, tout naturellement, donne sa pleine mesure, Sweet Charity deviendra le passeport du réalisateur «débutant» pour des projets plus ambitieux. Pourtant, rien ne laissait présager que, derrière cette production quelque peu clinquante, se cachait celui qui transformerait le Berlin d'Adolf Hitler (Cabaret) ou réussirait un formidable pas de deux entre la danse et la mort dans All That Jazz.

Sweet Charity

Artv, 20h
 
 
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