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    Sur les routes de l’identité

    25 mai 2013 |André Lavoie | Cinéma
    Ce road-movie raconte les joies et misères d’une vie en porte-à-faux entre deux mondes, sous le signe de la découverte et du déracinement.
    Photo: Canal D Ce road-movie raconte les joies et misères d’une vie en porte-à-faux entre deux mondes, sous le signe de la découverte et du déracinement.

    Être Chinois au Québec. un road movie

    Réalisation et scénario : Malcolm Guy et William Gin Wee Dere.
    Image : Alex Margineanu.
    Montage : Meiyen Chan.
    Musique : Janet Lumb, Dino Giancola, Kid Koala.
    Québec, 2012, 69 min.

    Dans certains milieux, une banane, ce n’est pas un fruit exotique mais plutôt une façon sympathique de qualifier un immigrant d’origine asiatique né en Occident : jaune à l’extérieur et blanc à l’intérieur. On en croise certains dans le documentaire Être Chinois au Québec, une balade aux quatre coins du Québec guidée par les cinéastes Malcolm Guy et William Gin Wee Dere.

    Ce ne sont pourtant pas eux qui ont les mains sur le volant. Ils le laissent à deux jeunes issus de l’immigration chinoise, Parker Mah et Bethany Or. Ils sont à la fois Canadiens et Québécois, et leur histoire familiale (liée à la fameuse taxe d’entrée imposée aux immigrants chinois par le gouvernement fédéral au début du XXe siècle) et leurs yeux en amande créent tour à tour des ponts et des barrières. Leurs questions, nombreuses et légitimes, concernent souvent leur identité au sein d’une société qui semble perpétuellement chercher la sienne. Sans compter que la langue devient aussi un enjeu important. Parker parle un français correct appris à Vancouver, sa ville natale, mais ignore tout du mandarin et du cantonais, tandis que Bethany est plus ancrée dans sa culture d’origine sans pour autant être convaincue de sa pleine appartenance.


    Pour y voir plus clair, le duo entame une quête de sens sur le bitume, allant à la rencontre d’une véritable diaspora sino-québécoise établie autant à Rimouski qu’à Charlesbourg, et qui ne travaille pas que dans les restaurants. Car, à certains égards, leur démarche ressemble à celle, en moins ludique, de Philippe Falardeau dans le documentaire Pâté chinois, un autre road movie documentaire à saveur identitaire. Dans une clinique d’acupuncture, un motel banal le long d’une route dans le Bas-Saint-Laurent ou au centre-ville de Trois-Rivières (l’une des escapades les plus émouvantes grâce à la sincérité de l’avocate et militante May Sau Chiu évoquant son enfance malheureuse), tous racontent les joies et misères d’une vie en porte-à-faux entre deux mondes, sous le signe de la découverte et du déracinement.


    Comme dans tous les voyages où l’on ambitionne de couvrir le maximum de territoire en un temps très court, Être Chinois au Québec se donne souvent des allures d’expédition éclair. Nous faisons connaissance avec des gens passionnants mais dont le parcours est le plus souvent escamoté. Quelques personnages obtiennent toutefois plus de lumière, dont Jamie Kate Woo, dont l’enfance s’est déroulée dans la portion chinoise - aujourd’hui disparue, ou presque - du quartier Saint-Roch à Québec, immortalisée par la remarquable Trilogie des dragons de Robert Lepage.


    Destinée à la télévision, cette cartographie identitaire constitue surtout une matière à débats, prolongeant ainsi ceux amorcés dans le documentaire et qui auraient gagné à être un peu moins charcutés à cause d’impératifs de temps. 


     

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