Duel à la ferme
At Any Price
Réalisation : Ramin Bahrani.
Scénario : Hallie Elizabeth Newton, Ramin Bahrani.
Avec Dennis Quaid, Zac Efron, Kim Dickens, Maika Monroe.
Image : Michael Simmonds.
Montage : Affonso Gonçalves.
Musique : Dickon Hinchliffe. États-Unis, 2012, 104 min.
V.o. : Forum
Le constat n’est pas qu’économique, plongeant au coeur des valeurs de cette Amérique rurale soucieuse des apparences, attachée à certaines valeurs traditionnelles, dont la passation des pouvoirs et des territoires au sein du clan familial. Tous ces enjeux s’entremêlent dans un scénario fourmillant de détails qui révèlent un regard aiguisé doublé d’un intérêt marqué pour les dilemmes moraux.
Henry (Dennis Quaid en grande forme) n’affiche pourtant pas la stature d’un héros shakespearien, arborant plutôt un sourire carnassier, même à des funérailles, question de brasser des affaires. Son fils Dean (Zac Efron en quête maladive de légitimité) ne veut guère lui ressembler, préférant la course automobile aux travaux de la ferme, une passion qui va entrer en collision avec les projets de son père. Les deux hommes sont pourtant les revers d’une même médaille : assoiffés de réussite, l’un dans les champs et l’autre sur les pistes de course, ils vont trébucher, trahir leurs proches, et aller si loin dans cette soif de domination qu’ils se retrouveront avec du sang sur les mains.
Ce portrait d’une Amérique aussi triomphante que corrompue se donne parfois les allures d’une tragédie grecque sur fond de champs de maïs à perte de vue. Ramin Bahrani a visiblement fait ses devoirs, contourné les pires clichés, mais à vouloir traiter de tous les sujets (la dictature du transgénique, les rapports père-fils, la fin des fermes à échelle humaine), on se demande parfois quel sillon il souhaitait vraiment creuser.
Collaborateur







