Les malheurs d’une blonde
Love, Marilyn
Réalisation et scénario : Liz Garbus. Image : Maryse Alberti. Montage : Azin Samari. Musique : Philip Sheppard. États-Unis, 2012, 107 min.
Un nouvel artefact vient d’apparaître dans ce qu’il faut bien qualifier de champ d’étude (plus de 1000 livres à son sujet) : ses journaux intimes, griffonnés souvent d’une main maladroite mais si révélateurs d’une existence chaotique et d’un esprit troublé. Ce matériel inédit, la documentariste Liz Garbus (l’excellent Bobby Fischer Against the World) en fait le fondement de Love, Marilyn, véritable mosaïque de son monde intérieur.
Pour en livrer le contenu, plusieurs actrices, et non les moindres (Glenn Close, Ellen Burstyn, Uma Thurman), s’exécutent le regard rivé vers nous, s’appropriant les mots de celle qui était dévorée par l’ambition, rongée par le doute, hantée par une enfance malheureuse. Tout cela est largement connu, mais la perspective est celle d’une femme que beaucoup ont considérée comme une idiote, à commencer par son second mari, le dramaturge Arthur Miller, assez explicite à ce sujet dans les pages de ses propres carnets…
Cet artifice, d’un intérêt cinématographique variable (caméra agitée devant certaines performances ratées, dont celles de Lindsay Lohan et de Marisa Tomei), camoufle à peine le classicisme télévisuel de ce documentaire, autre biographie de star à l’esthétique sans bavures. On peut toutefois admirer certains essais filmiques du début de sa carrière et des séquences tristement évocatrices de son ultime retour inachevé, Something’s Got to Give, de George Cukor, cinéaste misérable dès le premier jour du tournage.
La virgule du titre évoque la formule d’usage de l’actrice dans sa correspondance soutenue avec son entourage, et tout particulièrement avec Lee Strasberg, le pape de l’Actors Studio. Sans la virgule, le titre résumerait la seule ambition de la cinéaste : aimer Marilyn Monroe envers et contre tous les clichés.







