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Tokyo enfermée dans ses secrets

11 mai 2013 | Odile Tremblay | Cinéma
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	Rin Takanashi</div>
Photo : Eye Steel Films
Rin Takanashi

Like Someone in Love

Réalisation et scénario : Abbas Kiarostami. Avec Rin Takanashi, Tadashi Okuno, Ryo Kase. Image : Katsumi Yanagijima. Montage : Bahman Kiarostami. 109 minutes.

Projeté en compétition au dernier Festival de Cannes, Like Someone in Love, film que le maître iranien Abbas Kiarostami a tourné au Japon, n’avait pas impressionné le parterre. Sa précédente incursion en Italie, déjà vacillante, semble démontrer que l’envoûtement créé par le cinéaste du Goût de la cerise et d’Au travers les oliviers n’opère jamais si bien que sur son sol natal.



Kiarostami, hors de sa source nationale d’inspiration, s’enferme dans une mécanique cérébrale et s’éloigne de son champ lyrique. Les longues balades en voiture, qui ponctuent son oeuvre, s’étirent ici sans ouvrir sur l’infini et les destins individuels n’ouvrent pas sur les questionnements métaphysiques.


La scène d’ouverture dans un bar de Tokyo, avec la voix d’une femme qui se défend de mentir, est porteuse de promesses. Une jeune étudiante (Rin Takanashi), prostituée la nuit, se voit bientôt confrontée à l’ordre de son souteneur d’aller rejoindre un vieil homme pour la nuit, alors que sa grand-mère campagnarde est en ville.


Le cinéaste a pourtant filmé Tokyo avec un style maîtrisé et glacé du plus bel esthétisme, en ville enfermée dans ses secrets, ses contradictions, sa violence. Le choc entre le vieux Japon et les artifices sulfureux de la ville moderne se joue en auto dans un rond-point qui montre la grand-mère seule et inquiète, mais la magie et la poésie cherchent une porte par où s’infiltrer.


Le personnage du vieux lettré gentilhomme (Tadashi Okuno) qui fait venir chez lui la belle jeune fille qu’il regardera dormir a des résonances dans la littérature nippone, écho aux Belles endormies de Kawabata. Sur des jeux de chassés-croisés boulevardiens, entre l’étudiante, son fiancé jaloux (Ryo Kase) et le vieil homme qui se fait passer pour son grand-père mais s’enamoure comme un Roméo, les passes d’armes verbales glissent sans captiver. Une voisine caricaturale ne greffe rien à la mince intrigue, les destins de ses personnages laissent indifférent et Kiarostami a beau fignoler sa mise en scène jusqu’à l’épure, elle roule à vide jusqu’au dénouement plaqué qui laisse le spectateur en plan.
 

 
 
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