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Documentaire: l’ONF veut être au centre du monde

L’organisme fédéral entend devenir une plaque tournante sur le Web

30 avril 2013 | Fabien Deglise | Cinéma
La danseuse Margie Gillis dans le documentaire Source, de Pepita Ferrari.
Photo : Office national du film La danseuse Margie Gillis dans le documentaire Source, de Pepita Ferrari.
À lire aussi: une entrevue avec le président de l'ONF, Tom Perlmutter

La révolution numérique se poursuit à l’Office national du film (ONF). Après avoir investi le nouveau champ du documentaire sur le Web, l’organisme fédéral souhaite désormais mettre en place un service de diffusion en ligne, par abonnement, et d’envergure internationale, voué à 100 % à ce genre cinématographique que les diffuseurs traditionnels négligent. Sorte de Netflix ou d’iTunes Store pour documentaires d’ici et d’ailleurs, ce service, imaginé au Canada, devrait voir le jour « dans la première partie de 2014 en Amérique du Nord et en Europe ». Un demi-million de dollars va être consacré à la naissance de cet outil qui vise à faire rayonner le genre documentaire dans les univers numériques en allant à la rencontre de l’auditoire, là où il se trouve désormais.


« Ce projet est dans la continuité de ce que nous avons fait jusqu’à maintenant », a indiqué au Devoir Tom Perlmutter, président de l’ONF, commissaire du gouvernement à la cinématographie, maître d’oeuvre de cette mutation qui ce mardi, dans le cadre du festival du film documentaire Hot Docs à Toronto, va officiellement annoncer ce nouveau plan de l’Office. « Le documentaire est un genre qui commence à disparaître de nos écrans de télévision. Sa production est en baisse, mais cela n’est pas une fatalité. L’appétit pour le documentaire est toujours là, surtout chez les jeunes, pour mieux comprendre le monde et donner du sens au présent. L’auditoire, lui, s’est déplacé. Et il faut maintenant trouver de nouvelles façons d’aller à sa rencontre. »


En substance, le projet de l’ONF - qui n’a pas encore trouvé de nom - consiste en un canal numérique destiné à la diffusion de documentaires en flux continu ou téléchargement, à l’image de ce que l’iTunes d’Apple, Netflix ou même Tou. tv proposent actuellement pour les films et émissions de télévision. Le service va être accessible de manière universelle sur le Web, les télévisions connectées, les appareils mobiles…, en format bilingue pour commencer, avant de devenir multilingue par la suite. Il se veut également une excroissance ou une adaptation du site ONF. ca consacré actuellement à la diffusion des documentaires de l’ONF seulement.

 

En partenariat avec le privé


Cet espace va permettre l’échange entre les internautes, mais également des discussions avec les créateurs et leurs contenus. « Le documentaire a toujours déclenché un désir d’échanger et de discuter », dit le président de l’ONF. Un désir que les outils de communication et la socialisation en réseau permettent d’assouvir. Un fonds spécial va également être mis en place pour « commander des documentaires spécifiques pour ce service de diffusion », a-t-il ajouté.


L’Office compte sur des partenariats avec le secteur privé, tout comme sur ses partenaires internationaux pour donner corps à cet outil de diffusion numérique. « C’est une initiative de l’ONF, puisque nous avons, avec notre division interactive, une infrastructure de diffusion que nous pensons pouvoir adapter rapidement pour mettre en place ce service, a indiqué M. Perlmutter. Mais cela ne peut pas être qu’à nous. Le privé doit prendre une place importante et même majoritaire dans ce projet qui vise à ouvrir une nouvelle fenêtre pour mettre en lumière leurs créations », ajoute-t-il.


Sans toutefois les nommer, M. Perlmutter précise que des « discussions sérieuses sont en cours avec des partenaires importants et que des annonces pourraient être faites prochainement ». Dans les dernières années, l’ONF s’est rapproché de plusieurs diffuseurs, entreprises technologiques et grands médias pour amorcer son virage numérique et créatif. Arte, France Télévisions, NHK (la télévision publique japonaise), LG, Samsung, BlackBerry, Microsoft sont du nombre, tout comme The Guardian, le New York Times ou encore Le Devoir.


Un genre délaissé


Depuis 2008, l’ONF est passé également maître dans l’exploration des nouveaux codes narratifs du documentaire dans les univers numériques. Des productions comme Le journal d’une insomnie collective, lancé officiellement il y a quelques jours au festival du film de Tribeca à New York, Code Barre ou encore Écologie Sonore, ont forgé la réputation de l’organisme reconnu comme un pionnier et un des leaders du genre à l’échelle mondiale, « sans doute plus à l’étranger qu’ici », dit en souriant M. Perlmutter.


Le nouveau service de diffusion de documentaires en ligne envisagé par l’ONF fait son apparition alors que ce genre est de plus en plus malmené par ses canaux traditionnels de diffusion, le cinéma et la télévision en tête. « L’ONF a disparu des écrans de télévision, poursuit son président. L’environnement commercial a considérablement changé dans les dernières années. Les grandes chaînes, y compris les canaux spécialisés, mettent désormais plus d’accent sur la téléréalité qui leur rapporte plus et leur coûte moins. »


La semaine dernière, un rapport de l’Organisation du documentaire canadien confirmait que ce genre cinématographique est en perte de vitesse avec un volume de production, en dollars, qui a chuté de 21 % depuis 2008. Entre 2010 et 2011, le nombre de projets en développement a chuté de 23 %, alors que 8000 emplois à temps plein ont été perdus dans ce domaine depuis 2008 également.


« Le Canada est connu pour ses documentaires, dit M. Perlmutter. C’est la forme d’art canadienne par excellence. Elle est en train de disparaître. » Et du coup, avant que l’on fasse un documentaire sur cette disparition, l’ONF a plutôt décidé de faire des documentaires avec les codes narratifs et culturels du présent et de les faire rayonner sur le Web, afin de la déjouer.

 
 
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