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27 avril 2013 | François Lévesque | Cinéma
The We and the I constitue une leçon sur les jugements hâtifs.
Photo : Cinéma du Parc The We and the I constitue une leçon sur les jugements hâtifs.

The We and the I

Scénario et réalisation : Michel Gondry. Avec Michael Brodie, Teresa Lynn, Raymond Delgado, Jonathan Ortiz, Jonathan Scott Worrell. Photo : Alex Disenhof. Montage : Jeff Buchanan. Musique : Young MC. États-Unis, 2012, 103 min.

C’est le dernier jour des classes à New York. Dans le Bronx, un quartier particulièrement chamarré, un autobus de la ville entame son circuit. À proximité d’une école, des adolescents montent à bord. Ils sont bruyants, ils sont baveux. D’emblée, on leur flanquerait volontiers une paire de claques ; c’est le but de la démonstration. À force de les côtoyer toutefois, on revient à de meilleurs sentiments vis-à-vis d’eux ; ça aussi, c’est voulu. Au fil des arrêts, les histoires de ces jeunes un peu perdus sont révélées par bouts épars. À mesure que le véhicule se rapproche de sa destination, chacun est contraint de descendre et de retourner dans le vrai monde.


Exception faite d’une poignée de retours en arrière et d’apartés fantaisistes, presque toute l’action de The We and the I est cantonnée à l’habitacle de l’autobus. Très à l’aise dans cet espace confiné, le cinéaste Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spotless Mind) propose un exercice aussi sincère que convaincant. Fruit de séances d’improvisation avec de vrais élèves du Bronx, le scénario primesautier séduit par son apparente spontanéité. En filigrane, une structure invisible assure la cohésion de l’ensemble.


Deux éléments suggèrent une distance par rapport au réel : un trajet fictif anormalement long et une musique renvoyant aux années 1990. Comme la salle de retenue du Breakfast Club de John Hughes où s’affrontaient puis s’apprivoisaient jadis un intello, une princesse, un sportif, un bum et une rejet, l’autobus de The We and the I est à prendre comme un espace mythique à l’intérieur duquel le micro devient une métaphore du macro. Qu’ils soient seuls, ensemble ou regroupés dans leur isolement, ces jeunes-là sont tous les jeunes, ceux du présent comme ceux du passé. D’où l’importance de revoir ses jugements initiaux.

 

 
 
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