Post-Apocalypse à la canadienne
The Colony
Réalisation : Jeff Renfroe. Scénario : Jeff Renfroe, Patrick Tarr, Pascal Trottier. Avec Laurence Fishburne, Kevin Zegers, Bill Paxton, Charlotte Sullivan. Image : Pierre Gill. Montage : Aaron Marshall. Musique : Jeff Danna. Canada, 2013, 94 minutes.
Au milieu d’un hiver sans fin et sur un pont aussi délabré que ceux qui relient Montréal au reste du monde, la musique de Jeff Danna retentit pendant quelques mesures, pastiche de celle d’Ennio Morricone dans The Thing, le drame d’horreur frigorifique de John Carpenter. Ce martèlement saccadé sur un synthétiseur s’avère une ritournelle aussi reconnaissable que les violons de Bernard Herrmann dans Psycho.
Ce n’est pas la seule référence, assumée ou pas, qui tapisse The Colony, un conte post-apocalyptique du Canadien Jeff Renfroe, pétri dans le même moule que tant d’autres avant lui. Une planète Terre sous un éternel froid polaire, des humains vivant dans des bunkers inhospitaliers, une perpétuelle lutte pour la survie menacée par le manque de ressources et des ennemis tapis dans l’ombre avant de surgir en pleine lumière : admettez avec moi qu’on a vu ça au moins cent fois…
The Colony ressemble à une synthèse de ces visions cauchemardesques, avec tout de même une touche canadienne, la plus visible étant ces installations militaires vétustes situées à North Bay, en Ontario. Elles semblent d’ailleurs plus locales que la distribution, dominée par Laurence Fishburne en chef de colonie aux allures de vieux sage et Bill Paxton en fou furieux prêt à éliminer les plus faibles pour la survie de son petit royaume souterrain. Quant à Kevin Zegers, son passeport arbore une feuille d’érable, mais sa carrière est surtout américaine (Transamerica). Il joue ici au jeune idéaliste déterminé à sauver ses semblables, affrontant des humains transformés en vedettes d’un film de George A. Romero, monstres à l’origine incertaine mais à la dent carnassière.
Même si cette chose à la canadienne affiche un degré certain de maîtrise technique et comporte quelques scènes à donner froid dans le dos, l’originalité semble figée dans les glaces des formules éprouvées.
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