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Collections - Dans le coffre aux trésors du cinéma québécois

13 avril 2013 | Sarah Poulin-Chartrand | Cinéma
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
Véritable gardienne de la mémoire cinématographique du Québec, la Cinémathèque protège ses collections patrimoniales dans des réserves inaccessibles au grand public. Petite incursion dans le monde de cette pellicule plus que centenaire.

On connaît surtout de la Cinémathèque québécoise sa salle de cinéma située boulevard de Maisonneuve, à Montréal. Mais connaît-on les collections de la Cinémathèque ? Elles sont entreposées dans des réserves, à Boucherville et Mirabel, et comptent environ 50 000 oeuvres et plus de 15 000 heures de bandes magnétoscopiques.


On y trouve, par exemple, des courts métrages datant de 1899 et des films de famille amateurs datant des années 1920 et couvrant tout le siècle. « Nos collections ont avant tout une valeur patrimoniale et culturelle. Ces films sont de véritables témoins de l’histoire québécoise », résume Jean Gagnon, directeur des collections à la Cinémathèque québécoise et passionné d’histoire et de films d’art.


Mise aux normes


Conserver un film, comme un livre ou un tableau ancien, est une science. Les employés de la Cinémathèque ne lésinent pas sur les méthodes de conservation. Les conditions de conservation y sont inspirées des recommandations de l’Image Permanence Institute (IPI), un organisme américain à but non lucratif créé en 1985 qui établit des normes d’entreposage pour les films et les photos.


Le Canada a aussi son Institut canadien de conservation, qui met en place des normes d’entreposage et d’entretien pour les musées. Et on ne rigole pas avec la conservation des objets patrimoniaux : l’institut a publié, parmi ses dizaines de guides informatifs, des conseils sur les soins à donner aux « objets ornés de piquants de porc-épic » ou la « fabrication d’une caisse de carton ondulé triple cannelure » pour le transport.


À la Cinémathèque, les copies de films en couleur (35 mm et 16 mm) et les négatifs sont conservés dans une réserve maintenue à une température de -5 degrés Celsius et à une humidité ambiante de 30 %. Selon les calculs de l’IPI, ces conditions d’entreposage permettraient de conserver des films en bonne condition pendant 2574 ans ! Les films en noir et blanc et les vidéos sur bande magnétique sont, quant à eux, entreposés dans une réserve maintenue à 10 ou 11 degrés Celsius et à une humidité de 40 %.


Conservation


On ne visionne pas non plus une pellicule datant de 1955 comme on le ferait dans le cas du dernier blockbuster hollywoodien en salle. « Chaque fois qu’on projette une copie, on l’abîme, résume Jean Gagnon. Nous avons donc des normes de manipulation et de projection très strictes. »


Et on ne parle même pas des quelque 500 films plutôt « explosifs ». Jusque dans les années 1950, les films étaient réalisés sur des pellicules à base de nitrate, un produit extrêmement inflammable. La Cinémathèque a conservé des films sur ce type de pellicule, datant des années 1910 et 1920, mais ils sont entreposés au Centre de préservation de pellicule de nitrate, affilié à Bibliothèque et archives Canada, à Ottawa, le seul endroit au pays qui est autorisé à entreposer des films faits de ce composé chimique.

 

Cinématographe Lumière


Depuis 2006, la loi oblige les producteurs de films québécois à déposer une copie de leurs oeuvres auprès de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. C’est ce qu’on nomme le dépôt légal. Et c’est la Cinémathèque qu’on a mandatée pour le catalogage et l’entreposage de ces documents. Depuis sept ans, près de 2500 titres (soit environ 13 000 cassettes ou bobines) lui ont été confiés.


À ce jour, environ 95 % des films réalisés depuis 1963 sont entreposés dans les réserves de la Cinémathèque.


La grande majorité des collections, celles d’avant 2006, proviennent de dons ou de dépôts volontaires de la part de réalisateurs, de producteurs ou même de cinéastes du dimanche dans le cas des films de famille. Mais la Cinémathèque a décrété en juin 2012 un moratoire d’une durée minimale d’un an sur les dons et les acquisitions, par manque de ressources. Seulement deux techniciens sont employés aux réserves de Boucherville, alors que le catalogage et le traitement ont pris du retard. En tout, 15 employés sont affectés aux collections, sur la soixantaine que compte la Cinémathèque.


Les collections de la Cinémathèque contiennent beaucoup plus que des films et des vidéos d’archives. Une importante collection d’objets afférents au cinéma et à la télévision s’y trouve : affiches de cinéma, appareils d’enregistrement ou de projection, costumes, scénarios, etc. À l’occasion de son 50e anniversaire, la Cinémathèque exhibera dès le 18 avril le cinématographe Lumière numéro 16, une invention des frères Lumière datant de 1895 qui servait de projecteur de cinéma. « Ce genre d’objet est très rare, dit M. Gagnon. Pour les célébrations du 50e, nous allons exposer différents trésors de ce type, comme des lettres olographes de grands personnages du cinéma. »


Collaboratrice

 
 
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