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Cinéma et vidéo - Petite fleur est devenue grande

Le Wapikoni mobile va fêter ses dix années d’existence en 2014

23 mars 2013 | André Lavoie | Cinéma
Manon Barbeau
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir Manon Barbeau

« Résilience et dynamisme » : ce sont deux qualités qui ont touché le Conseil des arts de Montréal et qui figurent parmi les bons arguments pour faire du Wapikoni mobile un finaliste de son 28e Grand Prix.


Ce studio ambulant de musique et de cinéma destiné aux communautés autochtones du Canada qu’est le Wapikoni mobile va fêter son dixième anniversaire d’existence en 2014. Or, en 2011, il a bien failli fermer ses portes lorsque le gouvernement fédéral lui a retiré, sans préavis, une subvention de 490 000 $. Rien toutefois pour arrêter sa fondatrice, la scénariste et cinéaste Manon Barbeau, qui s’est battue sur toutes les tribunes pour que cette initiative, à la fois thérapeutique, artistique et intergénérationnelle, puisse continuer à répandre ses bienfaits.


Pour Manon Barbeau, « l’année de la crise » est terminée, encore et toujours engagée dans cette aventure qui aligne plus de 500 courts métrages, sans compter les 300 créations musicales d’où ont émergé des talents comme le rappeur Samian. Tout ce foisonnement est possible grâce au dévouement de toute une équipe et ne saurait s’accomplir sans le soutien des pouvoirs publics et des entreprises privés. « Le nerf de la guerre, c’est le financement. On a très peu de partenaires privés, et c’est ce qu’il faut développer », affirme la directrice générale.

 

«Briser l’isolement»


La feuille de route du Wapikoni mobile représente un attrait indéniable pour quiconque cherche à soutenir une organisation reconnue « pour l’excellence de ses projets artistiques et le soutien donné aux jeunes artistes issus de la diversité », toujours selon le Conseil des arts de Montréal.


Manon Barbeau tient toutefois à rappeler que, à la base, cette aventure est « un processus d’intervention qui vise à favoriser la santé globale, à briser l’isolement et à donner une voix ». Les jeunes embarqués dans la caravane du Wapikoni mobile (plus de 2000 à ce jour) comprennent un peu mieux les rouages du cinéma et les subtilités d’un studio d’enregistrement, mais ils retirent surtout de leur participation une grande fierté et un appel au dépassement. Car, pour Manon Barbeau, peu importe qu’il s’agisse d’un long ou d’un court métrage, d’une fiction ou d’un documentaire, « faire un film, c’est une révélation de soi-même. Et on n’est jamais le même après un tournage. »


Aux quatre coins du monde


Le cinéma, c’est aussi synonyme de voyages, et le Wapikoni mobile diffuse les oeuvres des participants aux quatre coins du monde, de la Finlande à la Nouvelle-Calédonie, sans compter que les jeunes les accompagnent parfois, devenant ainsi de véritables ambassadeurs. C’est une autre occasion de briser les barrières et les préjugés. « À Vancouver, des autochtones nous ont dit n’avoir jamais entendu parler des Attikameks et des Anishnabes [autre nom qui désigne les Algonquins]. Les jeunes se découvrent alors des problématiques mais aussi des richesses communes. Lorsqu’ils vont en Bolivie et voient Evo Morales, un président issu des Premières Nations, et des militants dans les rues, ils pensent pas mal moins au suicide. »


Ce dynamisme est depuis longtemps souligné par de nombreux prix (près d’une cinquantaine), dont l’un a été remis en décembre dernier par deux organes des Nations Unies (le Plural + Honorable Mention Award) et l’autre par le Réseau des femmes d’affaires du Québec à Manon Barbeau (« Je ne pensais jamais dans ma vie avoir un prix comme ça ! »). Tous reçus à point nommé après « l’année de la crise », ils donnent du réconfort et beaucoup d’énergie. « Une chose répare l’autre », souligne l’âme dirigeante du Wapikoni mobile. Même les nominations comme celle pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal sont autant de bonnes cartes à jouer. « Comme nous n’avons pas de service de communications, les nominations et les prix nous permettent de faire parler de nous ! »


Rappelons-le, « Wapikoni » signifie « petite fleur » : nul doute qu’elle n’a pas encore fini de grandir et d’afficher toutes ses couleurs.

 
 
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