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    Hollywood: le retour du péril jaune?

    13 mars 2013 |François Lévesque | Cinéma
    Un remake d’un film culte de 1984 relatant une invasion étatsunienne par l’armée soviétique, Red Dawn, version 2012, opte pour une improbable variante nord-coréenne.
    Photo: Alliance Films Un remake d’un film culte de 1984 relatant une invasion étatsunienne par l’armée soviétique, Red Dawn, version 2012, opte pour une improbable variante nord-coréenne.
    Outre de nouvelles sanctions de l’ONU, les récentes menaces d’attaques nucléaires proférées par Kim Jong-un à l’égard des États-Unis ont eu pour effet de braquer les projecteurs sur un obscur film d’action américain qui a quitté les écrans à l’automne après s’être fait éreinter par la critique, les seuls spectateurs, ou presque, à s’être déplacés (recettes de 45 millions sur un budget de 65). Un remake d’un film culte de 1984 relatant une invasion étatsunienne par l’armée soviétique, Red Dawn, version 2012, opte en effet pour une improbable variante nord-coréenne. Il appert toutefois que cette prescience était bien involontaire. Initialement, l’ennemi était Chinois. Pourquoi l’avoir changé ? Pour une question de gros sous.

    À l’origine, le remake partait de la prémisse que le gouvernement chinois envoyait ses troupes en guise de représailles pour défaut de paiement, la Chine détenant le quart de l’énorme dette américaine. Tourné en 2010, le film devait sortir la même année. C’était avant qu’un quotidien de Beijing, le Global Times, mette la main sur le scénario et publie un article lapidaire accusant les États-Unis de chercher à « démoniser la Chine ». Dans une manœuvre inhabituelle pour un grand studio, MGM retarda la sortie de son film et investit plus d’un million de dollars afin d’effacer par ordinateur toute trace de symboles chinois, les remplaçant par des équivalents nord-coréens. Certaines répliques furent également doublées et les mouvements de la bouche des acteurs, modifiés, afin de parfaire l’illusion.
     
    Deux époques, deux mesures

    Aux heures sombres de la guerre froide, Hollywood ne se gênait pourtant pas pour « démoniser » l’ennemi soviétique. Red Dawn, ou L’aube rouge en français, ne constitue que l’une des nombreuses productions américaines d’alors en attestant, avec les Rocky IV, Red Heat et autres Rambo II. Pour le compte, les scénarios hollywoodiens sont notoirement xénophobes dans leurs choix de méchants de service. Or, la Chine est un pays bien plus riche que ne l’était l’URSS à l’époque.
     
    Selon un article publié dans The Guardian le 12 mars, la Chine représente le marché étranger le plus payant pour Hollywood, qui peut s’attendre à ce que ses productions amassent là-bas en moyenne 50 millions de dollars additionnels. Des millions dont les studios ne désirent pas se passer, à l’évidence. Camper le remake du film The Karate Kid (2010) en Chine, avec du kung-fu plutôt que du karaté (sans changer le titre), s’inscrivait dans cette logique. Qui plus est, le bureau de la censure demeure très influent dans l’empire du Milieu, comme en témoignaient encore récemment les coupes apportées au film Skyfall.
     
    Dans le même article, un producteur chevronné qui préfère garder l’anonymat s’inquiète au sujet du remake de Red Dawn : « C’est un cas patent — le premier à Hollywood auquel je puisse penser — où le bureau de la censure d’un pays étranger affecte ce que l’on produit ».
     
     
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