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    Roy Dupuis entre lumière et ténèbres

    Le comédien veut choisir la justesse plutôt que les rôles voyants

    9 mars 2013 |François Lévesque | Cinéma
    De Cyanure, Roy Dupuis affirme aimer l’idée de déboulonner le mythe du gangster à l’américaine à travers le regard du fils.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir De Cyanure, Roy Dupuis affirme aimer l’idée de déboulonner le mythe du gangster à l’américaine à travers le regard du fils.

    Dans Cyanure, une coproduction Canada-Suisse destinée à un public adolescent, Roy Dupuis incarne deux variantes du même personnage : le gentleman cambrioleur fantasmé par son fils de 14 ans et le pauvre type, dans la réalité, qui ne fait pas grand effort pour recouvrer le droit chemin à sa sortie de prison. D’office, on pourrait voir là un désir d’ajouter un truand supplémentaire à une liste déjà longue dans la filmographie récente du comédien. Il n’en est rien, explique le principal intéressé au Devoir.


    L’évadé de prison Jean-Paul Mercier dans le diptyque Mesrine, le voleur en goguettes dans Les doigts croches, l’agent immobilier sans scrupule dans Coteau rouge, le médecin qui a envoyé paître Hippocrate dans Roche, papier, ciseaux : la part d’ombre inhérente aux rôles de crapules serait-elle donc irrésistible pour un acteur ?


    « C’est pas que je sois particulièrement attiré par ces personnages-là, mais ce sont des marginaux, et parce qu’ils sont marginaux, ils vivent des situations inusitées, souvent extrêmes. Et ça, c’est l’fun à jouer. Pour ce qui est du registre… la lumière m’intéresse autant que les ténèbres », assure Roy Dupuis. Vedette de Manners of Dying, dans lequel il campe un condamné à mort dont le destin funeste est décliné en moult versions, le comédien n’est par ailleurs pas étranger à la mécanique de la variation du personnage.


    « Pour ce qui est de Cyanure, poursuit-il, le film parle surtout de la famille. Il est raconté du point de vue d’un fils qui retrouve un père qu’il n’a jamais connu, mais qu’il a imaginé. Je n’ai pas d’enfant, mais c’est un thème qui me préoccupe, comme celui du milieu carcéral et de la réinsertion. Mon personnage a été en dedans trop longtemps. Il n’arrive pas à s’ajuster à la liberté. En même temps, j’aimais l’idée qu’on déboulonne le mythe du gangster à l’américaine à travers le regard du fils. Et puis, les passages plus fantaisistes que la réalisatrice voulait intégrer pour illustrer les pensées du petit, je trouvais ça intéressant. »

     

    L’éloge de la justesse


    Après un long silence puis une dernière hésitation, l’acteur se lance, son regard bleu perçant soudain très animé : « Maintenant, je fais les films plus pour l’histoire que pour le rôle. Je regarde l’ensemble. Ça s’est fait graduellement, depuis sept ou huit ans. C’est quelque chose dont j’ai pris conscience. Si on me propose un beau personnage complètement flyé dans une intrigue que je trouve banale, je vais passer. » Désormais priment le récit, le sujet, la vision du cinéaste.


    « Jeune comédien, par exemple, je ne crois pas que j’aurais joué le personnage de Roche, papier, ciseaux [présentement à l’affiche] comme ça. Il est en retrait, il essaie de disparaître parce qu’il n’est pas bien avec ce qu’il fait. Il était écrit comme ça et je l’ai joué comme ça : effacé. Il ne s’agit pas d’un rôle voyant. Et ce n’est plus ce qui compte pour moi. Ce qui compte pour moi maintenant, c’est la justesse. C’est incarner exactement ce qui est sur la page tout en étant en harmonie avec le reste de la distribution. Oui, c’est ça. Aujourd’hui, j’aspire à la justesse. »


    Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il n’a jamais donné l’impression de craindre l’intériorité, pas plus qu’on ne lui connaît une propension au cabotinage, Roy Dupuis sourit à demi, encore plongé dans ses pensées. « Au fond, j’ai peut-être toujours joué comme ça, instinctivement. J’ai reçu une bonne formation. Mais à présent, c’est un choix conscient. Je ne suis plus dans le “ trip ” d’acteur. Je veux juste apporter ma contribution au tout, à l’équipe, au film. »













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