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    Ciné-resto

    4 janvier 2013 |Martin Bilodeau | Cinéma
    Je réclame depuis des années des cinémas haut de gamme, avec service de restauration en salle et permis d’alcool, convaincu que d’autres comme moi désirent voir des films dans des conditions plus feutrées et confortables que celles offertes par les établissements traditionnels. Je recherche en fait une expérience qui jumelle les plaisirs de la sortie en salles et de la sortie au restaurant, avec le confort du cinéma maison. Nous n’y sommes pas encore. Mais on s’en approche et je loue l’effort fait en ce sens par la chaîne Cineplex Odeon, qui inaugurait juste avant Noël à Brossard son premier cinéma VIP du Québec.

    Une fois franchis le large portique et le comptoir d’accueil (où une préposée souriante nous explique rapidement le concept), nous pénétrons dans un espace détente, avec musique en sourdine (je me pince), qui ressemble aux salons d’aéroports réservés aux voyageurs de première classe et de classe Affaires. Au fond du long salon surtout meublé de fauteuils en cuir et de tables basses, vitré de bas en haut — avec vue sur les commerces avoisinants du Dix30 —, un bar bien ravitaillé entretient l’illusion. Juste à droite, dans l’angle qui nous conduit aux trois salles, un comptoir à friandises, très semblable à ceux qu’on retrouve dans l’établissement « grand public » adjacent, la rompt pour un instant.
     
    La salle en gradins d’une centaine de places où nous sommes allés voir The Hobbit est éclairée juste comme il faut. Mais entre les séances, l’écran est pollué de publicités et de quiz insignifiants, identiques à ceux diffusés dans les autres salles du réseau. Est-ce bien nécessaire ? doit se demander le spectateur qui a payé sa place 18,75 $, ou 21,75 $ pour une séance en relief (3D).
     
    À l’avant se trouve un rang de fauteuils inclinables permettant aux nostalgiques du berceau de regarder le film pratiquement sur le dos. Dans les autres rangées, suffisamment larges pour permettre aux spectateurs d’allonger les jambes et au personnel de circuler, les fauteuils en cuir aux larges dossiers, à l’assise juste assez ferme, juste assez moelleuse, qui bercent (en grinçant parfois) mais ne s’inclinent pas, offrent un confort semblable à celui de la première classe de Via Rail. L’accoudoir de droite s’élargit en une table d’environ 20 centimètres de large sur 30 centimètres de long, sur laquelle sont déjà posés les lunettes (la séance était en 3D) et le menu. La visite de l’hôtesse, suivie d’une ponction supplémentaire de 46 $ (ouch !), nous voilà devant deux hamburgers-frites servis dans des boîtes en carton verni, une entrée de bâtonnets de mozzarella et deux boissons gazeuses d’un litre chacune. Vous l’aurez compris : le menu, guère élaboré, est digne d’une chaîne américaine du genre Casey’s. Autre hic, celui-là temporaire : la portée du permis d’alcool s’arrête pour l’instant à l’entrée de la salle.
     
    Le service aux fauteuils s’interrompt dès le déclenchement des bandes-annonces, ce qui se comprend, après quoi le VIP doit se rendre lui-même au comptoir pour passer sa commande. Ce qui se comprend moins bien, le service s’arrête au dépôt. Pas de retrait. Si bien que le spectateur qui n’a pas fini son gros hamburger (honnête, sans plus, et dont la boulette précuite avait été réchauffée au four à micro-ondes) doit passer le reste du film à humer ses restes de table (Hobbit dure 169 minutes, quand même).
    Cineplex n’est pas encore un as de la restauration. En matière d’équipements, toutefois, il marque ici des points. Les salles étant neuves, équipées de projecteurs numériques dernier cri, la qualité de la projection est impeccable. Tout comme la sonorisation, qui m’a paru moins violente que dans les multiplexes appartenant au même réseau. Les panneaux acoustiques lambrissant tous les murs et la hauteur considérable des plafonds (permettant l’installation d’un écran de très grande taille) y sont pour quelque chose. L’absence de gadgets inutiles servant à faire vibrer les fauteuils aussi. C’est dire, le soin apporté aux équipements s’étend jusqu’aux cabines de toilettes, toutes unisexes et d’une propreté exemplaire.
     
    Cineplex Odeon a brisé la glace au Québec en créant une nouvelle façon d’envisager la sortie au cinéma. Reste à perfectionner le concept. Avec, pour commencer, un menu plus élaboré et de meilleure qualité, auquel le couple qui a dépensé près de 100 $ pour sa sortie est en droit de s’attendre. Ensuite une offre cinématographique qui témoigne de la même exigence. Facile à faire à l’automne et durant les fêtes. Plus ardu lorsque janvier sonne et que la primeur de la semaine a pour titre Texas Chainsaw 3D. Cela dit, je verrais bien Excentris s’associer au Café Méliès pour créer un concept du genre, ou le Beaubien faire équipe avec un des excellents restos de son quartier. Je lance l’idée, comme ça. On a le temps d’ici 2014.
     
     
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