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    Familier, avec le charme de la nouveauté

    17 novembre 2012 |Martin Bilodeau | Cinéma
    Le prénom est un petit miracle qui tient à peu de chose.
    Photo: Films Séville Le prénom est un petit miracle qui tient à peu de chose.

    Le Prénom

    Écrit et réalisé par Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, d’après leur pièce. Avec Patrick Bruel, Charles Berling, Valérie Benguigui, Guillaume De Tonquedec, Judith El Zein, Françoise Fabian. Image : David Ungaro. Montage : Celia Lafitedupont. Musique : Jérôme Rebotier. France, 2012, 109 minutes.

    Francis Veber a de la concurrence. Je dirais même qu’il a été dépassé par Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, duo touche-à-tout qui porte ici à l’écran sa propre pièce de théâtre. Dans la tradition du Dîner de cons, mais avec en renfort un travail de mise en scène de cinéma fluide et dynamique, qui fait bon usage de la grammaire, notamment du champ-contrechamp.

    Le tableau recourt pour le reste à tous les ingrédients du boulevard français (bonjour la tautologie), avec unité de lieu, repas annoncé puis consommé, conflit privé (homme-femme) et politique (gauche-droite), invité retardataire pour redynamiser l’action au deuxième acte et coup de théâtre au dernier pour faire tomber les masques.


    En bref, Le prénom, c’est la familiarité avec le charme de la nouveauté, un petit miracle en somme qui tient à peu de chose : une voix hors champ teintée d’ironie, quelques coups d’archet déchirant la musique, une interprétation jubilatoire, enfin, un montage serré qui épouse la cadence des dialogues du tac au tac, source et remède de tous les malheurs qui, l’espace d’un soir, vont s’abattre sur un quintette de personnages réunis dans l’appartement bo-bo du 9e arrondissement de Paris.


    C’est là qu’habitent Élizabeth (Valérie Benguigui), enseignante dans un lycée, et Pierre (Charles Berling), prof à la Sorbonne. Sont attendus pour le dîner Vincent (Patrick Bruel), frère de la première et parvenu suffisant, son épouse toujours en retard Anna (Judith El Zein), cadre dynamique, ainsi que Claude (Guillaume De Tonquedec), tromboniste professionnel, meilleur ami d’Élizabeth, frère adoptif de la famille. Une dispute causée par Vincent, au sujet du prénom infâme qu’il entend donner à son enfant à naître, déclenche entre eux une série de disputes dont l’intensité ira croissant tout au long de la soirée et forcera les révélations.


    Les auteurs et cinéastes manipulent le spectateur à vue, le jettent sur de fausses pistes, lui cachent des détails importants, afin de le préparer aux retournements. Mais ils le font avec une habileté telle que celui-ci, de connivence, se laisse prendre au jeu. Le texte (sur le sens qu’on donne aux noms, plus largement sur le poids des mots) déboule de la bouche des acteurs qui, à l’exception de Berling, l’ont défendu sur scène. Leur confort visible joue à l’avantage du film. Même Bruel, un acteur assez limité, remplit toute la case, tandis que Valérie Benguigui, pivot moral et armée des meilleures répliques, semble seule diriger le récit vers son dénouement attendu. Car Le prénom, je le répète, réserve peu ou pas de surprise. Mais sa réussite en est toute une.


     

    Collaborateur

    ***
     













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