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    RIDM - La leçon de Detroit

    Detropia, portrait d’une ville qui cherche à renaître

    12 novembre 2012 |Émilie Folie-Boivin | Cinéma
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	Le documentaire Detropia, réalisé par Rachel Grady et Heidi Ewing, explique ce qui a mené l’ex-fleuron américain au bord de la faillite.</div>
    Photo: Craig Atkinson
    Le documentaire Detropia, réalisé par Rachel Grady et Heidi Ewing, explique ce qui a mené l’ex-fleuron américain au bord de la faillite.
    Detropia est présenté aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal lundi à 18 h, puis jeudi à 16 h 15. Il prendra ensuite l’affiche au Cinéma du Parc le 16 novembre.
    Les Américains raffolent des success-stories. Le héros déchu qui touche le fond et se relève dans un élan inespéré. En s’installant à Detroit pour réaliser Detropia, Rachel Grady et Heidi Ewing (Jesus Camp, nommé aux Oscar, et 12 th & Delaware) s’attendaient à faire un documentaire sur une ville prête à voir se matérialiser la légendaire devise « It will rise from the ashes » de cette cité au passé épique, marqué par l’industrie automobile, la création de la classe moyenne pour les Afro-Américains et Motown. Le duo a toutefois vite constaté que Detropia serait un film davantage sur les conséquences que sur les solutions. « Nous lui avons vite trouvé une trame nationale », reconnaît la réalisatrice Heidi Ewing, en entrevue téléphonique.

    Car Detroit a plusieurs choses à enseigner à sa mère patrie. Ville du Michigan au bord de la faillite, Detroit a depuis longtemps cessé de réparer les lampadaires pour économiser de l’argent ; le salaire moyen y est de 15 310 $, soit presque la moitié de la moyenne des États-Unis et le corps policier le plus mal payé à l’échelle nationale doit composer avec la ville la plus dangereuse du pays. Autrefois classé parmi les plus grandes cités américaines, aujourd’hui trop vaste pour offrir des services publics décents à sa population fractionnée depuis l’exil ayant suivi les émeutes de 1967, ce berceau du rêve américain ressemble aujourd’hui à davantage une dystopie qu’à l’utopie qu’elle a déjà été.

    L’aveuglement

    « Plusieurs raisons expliquent pourquoi Detroit traîne toujours derrière, alors que d’autres villes ayant vécu les contrecoups de la postindustrialisation ont pu aller de l’avant », souligne Heidi Ewing, dont la famille est native de Detroit. Marquée par les divisions raciales, la « Motor City » a longtemps été menée par une activité économique unique, un puissant cheval de guerre ayant l’ayant propulsée droit dans un mur. « Les géants de l’automobile ont refusé de prendre au sérieux la concurrence globale grandissante. Lorsqu’on devient un dinosaure dans son domaine, on doit réagir plutôt que de passer outre aux signaux, et c’est une leçon importante que les autres villes peuvent tirer de Detroit. »
     
    Après avoir fermé les yeux sur la concurrence japonaise naissante, la ville voit l’histoire se répéter aujourd’hui avec les voitures électriques chinoises. Detropia montre la prise de conscience dans une brillante scène tournée au Detroit Auto Show, servie par un charismatique propriétaire de bar, Tommy Stevens. Plus loin, le gaillard, pilier du documentaire, illustre la situation. « Disons qu’il y a un feu chez ton voisin. Si tu n’interviens pas, le feu va se diriger chez toi. Qu’importe les problèmes, ce qui arrive à Detroit est en train de s’étendre. Ça s’en vient chez vous. »
     
    « Detroit n’est pas morte », reconnaît la coréalisatrice de Detropia, film primé au récent festival Sundance. Mais elle est à genoux. Dans les braises. Même si les artistes et entrepreneurs y voient la nouvelle terre promise, annoncer que Detroit est de retour est prématuré, croit Heidi Ewing. « Detroit doit se détourner de son passé pour devenir un milieu de vie fonctionnel. Et ça prend davantage que des coffee shops pour relever une ville. »
     
     
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