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    La ruée vers Dieu

    Le réalisateur Jean-Simon Chartier est présent aux RIDM avec le film Alléluia

    10 novembre 2012 |André Lavoie | Cinéma
    Le réalisateur Jean-Simon Chartier ne croit pas en Dieu, ce qui ne l’empêche pas d’être à l’écoute de gens qui l’ont placé au centre de leur existence.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le réalisateur Jean-Simon Chartier ne croit pas en Dieu, ce qui ne l’empêche pas d’être à l’écoute de gens qui l’ont placé au centre de leur existence.
    Dans le cadre des RIDM, Alléluia est présenté le samedi 10 novembre à 16 h 30 à la Grande Bibliothèque et le mercredi 14 novembre à 15 h 15 à Excentris.

    On ne demanderait pas à un cinéaste animalier s’il affectionne les animaux ou à un documentariste passionné d’exotisme s’il aime les voyages. Pourtant, devant Alléluia, un documentaire de Jean-Simon Chartier sur quatre hommes dans la jeune vingtaine désireux de devenir frères dominicains, je n’ai pu m’empêcher de lui poser la question : croyez-vous en Dieu ?


    Dans un café d’Outremont, à quelques jours de la première de son film aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), mon questionnement a beaucoup fait sourire cet ancien réalisateur de publicités, devenu producteur et documentariste. La profondeur de son approche dans ce petit film délicat, tourné en toute simplicité, semblait propice aux confidences, Jean-Simon Chartier évoquant sa soif d’authenticité dans un monde qu’il juge parfois « superficiel », et son amour des voyages pour mieux revenir à soi.


    Or, il ne croit pas en Dieu, ce qui ne l’empêche pas d’être à l’écoute de gens qui l’ont placé au centre de leur existence, dont ces quatre jeunes mousquetaires missionnaires. « Pour eux comme pour moi, ça demeure le même mystère, confesse Jean-Simon Chartier. Ces quatre novices se sont donné la permission de l’assumer davantage. Ça me fascine de rencontrer des gens aussi ouverts, aussi intelligents, et qui croient en Dieu. Je me demandais tout de même comment ils pouvaient cultiver une idée aussi romantique. »


    À observer ces quatre garçons pas tellement dans le vent, on se demande où Jean-Simon Chartier les a trouvés ! Car, disons-le, en 2012, les vocations religieuses ne sont pas très nombreuses, du moins au sein de l’Église catholique québécoise. Pendant la production d’une série télévisée sur différents modes de vie singuliers, le cinéaste a lu avec grand intérêt le dossier de recherche concernant un des futurs protagonistes de son film, Simon Lessard. Il n’était pas seul dans sa quête spirituelle, puisque trois autres compagnons de sa génération, Julian Dugas, Daniel Beauchemin et Jonathan Landry, étaient à ses côtés, et dans la même communauté religieuse. Un tel synchronisme relève pratiquement… du miracle.


    « Ils forment un clan solidaire », précise Jean-Simon Chartier. Et s’ils étaient prêts à s’engager dans l’aventure de ce film tourné sur une période de deux ans, ce n’était pas à n’importe quel prix. « Après deux journées de tournage, ils m’ont demandé d’aller les voir à Québec. Ils m’ont posé toutes sortes de questions sur moi afin de s’assurer du sérieux de ma démarche. J’ai été franc : je ferais un film sur des anarchistes avec le même intérêt et le même respect. Je m’intéresse à eux, pas à la religion, à l’Église catholique ou aux Dominicains. »


    En revanche, au cours de ses rencontres, il n’a pas hésité à les interroger sur la naissance de leur vocation (grâce à la philosophie), leur passé (l’un accro aux jeux vidéo, l’autre aux femmes…), leur quotidien (de prières, de lectures et d’enseignements) ou… leur vie sexuelle. « Le thème de la chasteté, ou de la masturbation, j’en ai parlé lors du dernier jour du tournage. Il faut une grande complicité pour aborder ces sujets-là. »


    Devant ces futurs serviteurs de Dieu, si idéalistes et si diablement déterminés, Jean-Simon Chartier ne doute pas de leur engagement. « Ils sont un peu radicaux à leur manière, et veulent être plus catholiques… que leurs frères âgés. Dans trois ans, ils seront encore là, j’en suis convaincu. »













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