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    Exportation - Tout est affaire de partenariat

    «Nous produisons au Québec et au Canada et nous vendons à l’international»

    3 novembre 2012 |Claude Lafleur | Cinéma
    MAYDAY, présenté à Canal D, traite d’accidents d’avion.
    Photo: Source Canal D MAYDAY, présenté à Canal D, traite d’accidents d’avion.
    Pour tout producteur de documentaires qui vise le marché international, c’est un avantage d’être du Québec. Voilà ce qu’observent avec fierté deux producteurs qui connaissent le succès à l’échelle planétaire.

    « Le talent québécois est absolument hallucinant, lance John Kuyk, président de CMJ Production. Les Américains nous le disent : “ On ne sait pas comment vous faites, mais vous faites les entrevues de façon différente et c’est hallucinant ce que vous arrivez à en faire ressortir ! Et lorsque vous faites de la dramatisation, ça fonctionne vraiment très bien. ” Voilà la crédibilité québécoise dont je suis si fier, un talent qui s’exporte à merveille. »


    « Pour nous, c’est un grand avantage d’être basés au Québec, renchérit Pablo Salzman, gérant des ventes et des acquisitions chez Cineflix. Les partenariats que nous avons tissés au Québec nous permettent de développer et de produire plus rapidement, ce qui est un grand avantage pour nous. Et j’ajouterais que le fait d’être dans une société bilingue fait que, lorsque vient le temps de vendre à l’international, on a l’esprit ouvert aux autres cultures. »


    L’un comme l’autre confirment en outre que le fait de provenir de l’Amérique du Nord, mais non des États-Unis, est en soi un atout sur la scène internationale. Ils se servent d’ailleurs des marchés nord-américains (États-Unis, Canada et Québec) pour valider des concepts qui, par la suite, vont conquérir le reste du monde. Comme le relate M. Salzman, dont la société dessert 150 pays, « si ça marche ici, ça marchera partout ailleurs ! »

     

    Partenariats internationaux


    Les deux producteurs cherchent le plus possible à créer des séries télé qui seront diffusées à travers le monde. Parmi celles produites par CMJ et qu’on peut voir ici à Canal D, il y a Héros de la peur (portraits de gens qui exercent des métiers dangereux) et Testament (dont le sous-titre est : Les héritiers divisés). « Nous, nous aimons raconter des histoires, rapporte John Kuyk, des histoires incroyables que nous diffusons partout à travers la planète. » Quant à Cineflix, elle diffuse également via Canal D les séries Scènes de crime et MAYDAY, qui décortiquent respectivement de grands (et petits) crimes et accidents d’avion. « Ce sont de beaux succès, et pas seulement au Québec », lance fièrement Pablo Salzman.


    John Kuyk souligne d’ailleurs le rôle vital de cette chaîne. « Canal D nous soutient fidèlement depuis le début, dit-il. C’est une chaîne extrêmement importante, parce qu’elle laisse la chance à des documentaristes-auteurs d’avoir une place pour diffuser - ce qui est plutôt rare - et elle permet à des sociétés comme la mienne de nous faire une place sur les ondes. Pour moi, Canal D fait un travail remarquable ! »


    Bien entendu, la taille des marchés québécois et canadien ne permet pas à ces producteurs de disposer des fonds nécessaires pour réaliser leurs séries documentaires. C’est ainsi qu’autant CMJ que Cineflix réalisent leurs projets en y associant des diffuseurs québécois, canadiens, américains et britanniques - ce qui constitue un joli défi. « On conçoit d’abord un projet ici, puis je pars avec ce projet pour faire la tournée des diffuseurs, raconte M. Kuyk. “ Voici ce que nous avons l’intention de faire ”, leur dis-je. Puis, je demande à chacun de contribuer au budget dans une proportion qui correspond à son auditoire. De cette façon, chacun paie une fraction de ce qui lui en coûterait s’il devait assurer entièrement le financement. »


    « Pour nous, à Cineflix, il y a quatre territoires à desservir en premier : le Canada français, le Canada anglais, les États-Unis et le Royaume-Uni, indique pour sa part M. Salzman. On rassemble ainsi des partenaires de ces territoires pour réaliser nos projets. Par exemple, pour produire Scènes de crime, nous avons six partenaires ! »


    Et, une fois que la diffusion d’une série a connu un franc succès dans les marchés nord-américains, il devient facile de la vendre à l’international, même s’il faut faire quelques adaptations. Pablo Salzman relate ainsi qu’il arrive fréquemment qu’une série où l’on voit un présentateur-vedette - ce qu’aiment les Américains - déplaise dans le reste du monde. « Nous devons souvent produire deux versions d’une même série, avec et sans présentateur. »


    Cineflix dispose de représentants attitrés pour couvrir spécifiquement l’Europe, l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud et l’Asie. « Nous couvrons tous les pays qui ont des télévisions !, dit-il en riant. Ces vingt dernières années, il y a eu une formidable explosion du nombre de chaînes partout à travers le monde, ce qui fait que nous diffusons nos produits dans plus de 150 pays. »

     

    Made in Québec


    John Kuyk souligne que, même lorsqu’on ne parle pas un anglais impeccable, il n’y a aucun problème à faire des affaires aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. « Un Américain n’a pas de sentiment lorsque c’est le temps de faire des affaires, à condition que ça rapporte !, dit-il. Je ne parle pas l’anglais sans accent - j’ai même un gros accent - mais ça ne les dérange pas du tout, du moment que le produit est de qualité. S’il est bon, bien fait et donne de bonnes cotes d’écoute, vous avez beau parler comme une vache espagnole, cela ne leur pose aucun problème. »


    « Honnêtement, poursuit-il, je n’ai vraiment pas le goût de m’installer ailleurs, puisque le talent québécois est vraiment formidable. Et ce dont je suis le plus fier, c’est que tous ceux que nous engageons sont des Québécois et que tout ce que nous faisons est tourné ici. Ce qui me rend donc très fier, c’est de voir au générique de séries diffusées à travers le monde le nom de Québécois défiler… aux États-Unis, en France, en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande, etc., dans 40 pays ! »


    Ce que confirme d’ailleurs Pablo Salzman : « Nous produisons au Québec et au Canada et nous vendons à l’international, voilà le modèle d’affaires que nous préconisons ! »


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