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À voir au Festival du nouveau cinéma

12 octobre 2012 | Odile Tremblay | Cinéma
Catimini de Nathalie Saint-Pierre est le seul film québécois à concourir pour la Louve d’or au Festival du nouveau cinéma. Il est présenté vendredi à 20 h. La cinéaste de Ma voisine danse le ska réalise ici une oeuvre ultrasensible, qui trimballe sa caméra et son regard sur des fillettes et adolescentes à travers des familles d’accueil, des foyers de groupe. Drames et deuils se succèdent chez ces êtres ballottés (des portraits-chocs) sans que personne tienne compte de leurs immenses problèmes. On salue cette mise en scène qui allie la force à la subtilité au milieu de cris dans la nuit livrés sans pathos.

Tabu, du Portugais Miguel Gomes, sur des images magnifiques et stylisées en noir et blanc, se déroule aujourd’hui à Lisbonne et 50ans plus tôt dans la colonie africaine portugaise du Cap-Vert, en flash-back. Le film offre à la fois une espérience esthétique, un terrible plongeon politique colonial et une histoire d’amour admirable.


Un vrai coup de coeur pour Stories We Tell de la Torontoise Sarah Polley (derrière Away From Her), une incursion labyrinthique dans des secrets de famille réels ou fictifs, à coups de documents d’archives en partie réinventés. Un rythme de polar, servi par une distribution d’enfer.


Les chevaux de Dieu, du Marocain Nabil Ayouch (derrière Ali Zaoua), est une oeuvre de gravité et de lucidité traitée avec un vrai doigté. Les ferments de l’intégrisme et des attentats suicide - ici inspirés de ceux de Casablanca en 2003 - sont mis en lumière. Pauvreté, criminalité, mais aussi espoir en une dimension supérieure sont des terreaux fertiles pour que de jeunes garçons soient récupérés par un groupe de frères musulmans intégristes. L’embrigadement se voit décrit à travers son inexorable cheminement, qui donne froid dans le dos.


La revanche du tango, très beau documentaire de Francine Pelletier, oppose à Buenos Aires les défenseurs du tango de la vieille école classique et toute une vague de jeunes musiciens qui réinventent brillamment le genre, suivis jusqu’au Festival de jazz de Montréal. Cette oeuvre tout en rythme et en explorations musicales possède une grande séduction.


Samedi, rendez-vous à la leçon de maître du cinéaste français Philippe Grandrieux, derrière des films remarquables, noirs et affolants, toujours maîtrisés dans un style unique, comme Sombre et Un lac, tous deux projetés également samedi.


Dimanche, place au lancement des nouveaux courts-métrages du Wapikoni mobile.

 
 
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