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Winnie façon Wiki

6 octobre 2012 | André Lavoie | Cinéma
Une scène de Winnie
Photo : Equinoxe films Une scène de Winnie

Winnie

Réalisation : Darrell Roodt. Scénario : Andre Pieterse, Darrell Roodt, d’après le livre d’Anne Marie du Pereez Bezdrob. Avec Jennifer Hudson, Terrence Howard, Elias Koteas. Image : Mario Janelle. Montage : Sylvain Lebel. Musique : Laurent Eyquem. Afrique du Sud -Canada, 2011, 107 min.

Winnie Mandela ne suscite pas la même admiration que son ex-mari, le célèbre militant anti-apartheid Nelson Mandela, celui qui allait passer 27 années en prison et devenir le premier président noir d’Afrique du Sud en 1994. Le destin de Winnie Mandela est plus sinueux, voire plus obscur, et le cinéaste sud-africain Darrell Roodt en dresse un portrait en demi-teintes, ni ange ni démon.

Son regard, intitulé tout simplement Winnie, se présente comme une biographie filmée lisse et méthodique, respectant la chronologie des événements. Il insiste, parfois lourdement, sur les événements fondateurs d’une figure politique aux accomplissements évidents (première travailleuse sociale de race noire, épouse dévouée à un mari emprisonné, elle-même séquestrée dans une cellule pendant plus d’un an, etc.), le tout parsemé de dérapages sérieux (dont une sombre affaire de meurtre d’un enfant de sa garde rapprochée, et musclée).


Avec une musique parfois ronflante, une caméra virevoltante embrassant les beautés d’un pays aux paysages contrastés et deux acteurs américains (Jennifer Hudson en Winnie et Terrence Howard en Nelson) donnant le meilleur d’eux-mêmes mais forçant la note, Winnie se présente comme un cours d’histoire bien illustré mais sans originalité. À vouloir couvrir, en moins de deux heures, une existence complexe et tumultueuse, Darrell Roodt rend surtout justice à l’histoire officielle — ou du moins à sa version Wikipédia. Au final, la cause du cinéma n’est guère servie dans cette production structurée comme une minisérie télévisée, et qui aura vite fait de trouver le chemin des petits écrans.

 

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