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Le big-bang de Burton

6 octobre 2012 | Martin Bilodeau | Cinéma
Frankenweenie a le sens épique si caractéristique à The Big Fish.
Photo : Disney Frankenweenie a le sens épique si caractéristique à The Big Fish.

Frankenweenie

Film d’animation de Tim Burton. Scénario : John August, d’après une idée originale de Tim Burton. Image : Peter Sorg. Montage : Chris Lebenzon, Mark Solomon. Musique : Danny Elfman. États-Unis, 2012, 84 minutes.

Au printemps, l’inégal Dark Shadows nous avait révélé un Tim Burton toujours en pleine possession de ses moyens techniques, mais proche, sur le plan des idées, de la panne d’inspiration. Moins de six mois plus tard, Frankenweenie fait l’effet d’une véritable thérapie de choc contre ladite panne. Burton remonte en effet au big-bang de son propre univers, né dans un court-métrage d’animation du même titre produit en 1984, époque où il besognait pour les studios Disney qui aujourd’hui l’emploient comme maître de chantier.

Même concept, mêmes idées, même parti pris du noir et blanc, Frankenweenie est une oeuvre qui s’inscrit dans la continuité de Nightmare Before Christmas et Corpse Bride, également réalisés en stop-motion, tout en contenant les germes de ses premiers grands films, au premier chef Edward Scissorhands (pour son intrigue magique campée dans un décor naïf) et Ed Wood (pour ses références aux vieux films de monstres).


On retrouve également dans Frankenweenie le sens épique si caractéristique à The Big Fish, dont le scénario était signé, comme celui-ci, par John August. Dans ses grandes lignes, le film raconte l’histoire d’un gamin inspiré par l’exposé de son professeur de sciences sur l’électricité produite par la foudre (qui frappe chaque nuit dans sa petite ville) qui ramène à la vie son chien mort. Mais le modus operandi de l’opération, éventé par un camarade de classe, inspire à ses rivaux du concours scientifique qui approche la même expérience, avec moins de succès que lui avec son chien. Pourquoi ?


La science doit naître d’une bonne intention, lui apprend en substance son enseignant, reprenant une idée formulée par Mary Shelley dans son roman gothique Frankenstein. En deux ou trois répliques, celui-ci (doté de la voix inimitable de Martin Landau) dispense la morale de toute l’affaire, arrose de sa sagesse le monde post-nucléaire et étroit d’esprit du récit campé dans les années 50, ainsi que le monde contemporain tout aussi obtus dans lequel cet objet de cinéma rétro sonne particulièrement vrai.


L’intrigue ne déborde pas de péripéties au-delà de ses propositions initiales, guère plus élaborées que dans le court-métrage initial. Comme un interprète qui rechante son premier succès en lui donnant un sens qu’il ne pouvait avoir à l’origine, Burton enveloppe Frankenweenie, une oeuvre après tout sur la peur de la mort et la douleur du deuil, dans une mélancolie inédite. Pareillement, sa réalisation impeccable, d’une grande ingéniosité, met les outils du présent au service des techniques d’autrefois. Le résultat, un régal pour l’oeil, l’est aussi pour les oreilles. Danny Elfman n’a pas été aussi inspiré depuis longtemps, et sa musique a rarement aussi bien collé aux images. En spectacle son-lumière, Frankenweenie ravit. La mère de Frankenstein serait contente.


 

Collaborateur


Frankenweenie - Bande-annonce [VO-HD] par Eklecty-City
 
 
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