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Festival des films du monde - L’amour en fin de piste

1 septembre 2012 | Odile Tremblay | Cinéma
Anfang 80 est un film charmant, fort bien joué par Karl Merkatz et Christine Ostermayer.
Photo : Festival des Films du Monde Anfang 80 est un film charmant, fort bien joué par Karl Merkatz et Christine Ostermayer.

On cherche souvent son profit au Festival des films du monde. Il faut être chanceux ou farfouiller dans les projections, avant de tomber sur un bon morceau. Quoi qu’il en soit, certaines oeuvres nous touchent. Ça arrive.


Ainsi le film Anfang 80 (Coming of Age) des Autrichiens Sabine Hiebler et Gerhard Ertl, couple qui travaille toujours ensemble, du scénario à la réalisation.


À Cannes, Amour du maître autrichien Michael Haneke avait ébloui les festivaliers, sa seconde Palme d’or après Le ruban blanc. Or, ces deux films de cinéastes de même origine abordent l’amour entre octogénaires. L’épouse est frappée par une maladie fatale, et son amoureux l’assiste au long de son déclin.


Hasards et coïncidences dans le choix du sujet ? C’est ce qu’évoque le couple, tout en estimant que les amours de l’âge d’or, la maladie et la mort constituent également des sujets dans l’air du temps. « Quand nous avons commencé nos recherches, il y a cinq ans, personne ne s’intéressait à la question, déclare Sabine Hiebler. Aujourd’hui, les émissions et les films qui s’y frottent se multiplient. »


« Les baby-boomers se sentent vieillir et veulent changer les règles du jeu, ajoute Gerhard Ertl. Ils refusent qu’on puisse les traiter sans respect, comme des cas médicaux ou des sous-humains. »


Sans avoir la force de frappe d’Amour et tablant sur une note plus romantico-humoristique, Anfang 80 est un film charmant, fort bien joué par Karl Merkatz et Christine Ostermayer, de grandes vedettes en leur pays, que les cinéastes ont dirigés en abordant de front le délicat sujet de la fin de vie. Le scénario multiplie les bâtons dans les roues de ces octogénaires frappés par l’amour, au grand scandale de leur entourage. Elle a six mois à vivre, il est un mari fidèle. Mais qu’importe ? Dans cette comédie dramatique qui dédramatise la mort, il est question d’euthanasie, autre point commun avec le film d’Haneke.


« En Allemagne et en Autriche, à cause du passé nazi, l’euthanasie est un sujet encore plus tabou qu’ailleurs, précise Gerhard Ertl. La Suisse voisine est beaucoup plus avancée dans ce domaine, et chez vous, le dossier évolue, mais on est bloqués par notre passé. »


Sorti en Autriche, Anfang 80 fait, au dire des cinéastes, du bien aux spectateurs qui s’identifient aux héros et déclarent avoir moins peur de vieillir et de mourir après avoir vu ce film qui leur réchauffe le coeur.


C’est en fin de parcours que les films les plus attendus de cette compétition seront projetés. Aujourd’hui, on ira voir The Last sentence du Suédois Jan Troell, derrière de grands oeuvres comme Les émigrants, Le Nouveau Monde, Everlasting Moments, également Hamsun, sur la fin de vie de l’écrivain norvégien à qui on doit La faim, Knut Hamsun. Au programme du jour aussi : Comme un homme du Français Safy Nebbou (derrière L’empreinte de l’ange, L’autre Dumas), qui nous intrigue aussi.

 
 
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