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Léolo, le chef-d’oeuvre déjanté en haute définition

30 août 2012 | Odile Tremblay | Cinéma
Le film de Jean-Claude Lauzon est restauré par Éléphant. Mémoire du cinéma québécois.
Photo : Télé-Québec Le film de Jean-Claude Lauzon est restauré par Éléphant. Mémoire du cinéma québécois.

Les images de Léolo, chef-d’oeuvre de Jean-Claude Lauzon (1992), nous hantent encore. Se bousculent dans les têtes cinéphiles celles de la mère incarnée par Ginette Reno, digne des matriarches enfantées par Tremblay dans Les chroniques du Plateau Mont-Royal, aussi les scènes de plongée vers tous les trésors, sans oublier le garçon tentant de pendre le grand-père amateur de pédicures, et le montreur de vers sous les traits de Pierre Bourgault, et le culturiste couard. Bref, ce monde de folie, fruit des réminiscences et de l’imagination de l’auteur, fleur sauvage et ducharmienne de notre cinématographie, renaît dans toute sa splendeur.


Mercredi soir au Quartier Latin, était présentée la version numérisée en HD et restaurée par Éléphant. Mémoire du cinéma québécois du Léolo en question. « Parce que moi je rêve, moi je ne suis pas ! » Belle occasion aussi de lancer un coup de chapeau à l’étoile filante que fut ce cinéaste, disparu avant d’avoir donné la pleine mesure de son immense talent. Jean-Claude Lauzon n’aura signé que deux longs métrages, Un zoo la nuit, dont on attend toujours le DVD, et Léolo, deux oeuvres miroirs de la vie et de l’inconscient du poète rebelle qui termina sa course incandescente à 43 ans.


Une curiosité au FFM : le collectif 7 jours à La Havane, sur la capitale cubaine dont le charme insolite envoûte tous ses visiteurs. Sept segments, donc, par autant de cinéastes et sur les jours de la semaine. Les quartiers de la ville, le boulevard du Malecón sous les vagues, les boîtes de nuit, les musiciens, les pratiques vaudou prennent vie à l’écran. On s’aventure dans les dédales des rues devant les façades fissurées, pour pénétrer ces endroits surpeuplés où les gens s’aiment ou s’arrachent les cheveux. L’ensemble est inégal. Le meilleur sketch du lot est réalisé par le Français Laurent Cantet, avec l’érection d’une fontaine pour complaire à une statue de la Vierge qui trône au milieu du salon d’une vieille bigote. Intéressant Jam-session de Pablo Trapero aussi. Le Serbe Emir Kusturica y joue son rôle de cinéaste avec sa dégaine de cool cat. Il vient recevoir un prix hommage de carrière, mais préfère suivre dans ses quartiers son chauffeur trompettiste. Une scène d’exorcisme par Gaspar Noé n’est pas mal non plus.

 
 
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