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Aux sources du pittoresque

11 août 2012 | Odile Tremblay | Cinéma
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	La source des femmes aborde la grève du sexe des femmes dans un village de l’Atlas marocain.</div>
Photo : Métropole Films
La source des femmes aborde la grève du sexe des femmes dans un village de l’Atlas marocain.

La source des femmes


Réalisation : Radu Mihaileanu. Scénario : Radu Mihaileanu, Catherine Ramberg, Alain-Michel Blanc. Avec Leila Bekhti, Hafsia Herzi, Biyouna, Sabrina Ouazani, Saleh Bakri, Hiam Abbas. Image : Glynn Speeckaert. Musique : Armand Amar. Montage : Ludo Troch. En arabe, avec s.-t. France, 2011, 124 min.

Avec des films qui ont su lui rallier une large audience et une bonne partie de la critique, sur des thèmes en partie politiques (Train de vie, Vas, vis et deviens, Le concert, etc.), Radu Mihaileanu, Français d’origine roumaine, a marché longtemps en funambule sur la fine ligne qui sépare le drame de la comédie.

Cette fois, son évidente bonne volonté dérape sur de belles images et un amour du folklore marocain, à travers cette fable féministe candide et simpliste.


La source des femmes, inspiré du Lysistrata d’Aristophane et d’un fait divers contemporain, aborde la grève du sexe des femmes dans un village de l’Atlas marocain (jamais nommé) pour obtenir l’eau courante. En montant à la source, elles se blessent et avortent fréquemment. Cette révolte féminine est orchestrée par une jeune épousée venue du Sud, à la fois libre et suspecte au village, Leila (Leila Bekhti, sous-utilisée), qui joue à ses heures les Schéhérazade en lisant à ses consoeurs Les mille et une nuits et en leur apprenant à lire.


Mihaileanu s’est pris au piège de la joliesse exotique des femmes, des costumes, des maisons en pisé. Les chansons et les danses voilées, puis dévoilées à la Salomé, deviennent prétextes à se rincer l’oeil sur des créatures dont le cinéaste veut défendre les droits, tout en les esthétisant et en les infantilisant sous des sourires souvent béats et des fous rires de gamines. Les actrices ne maîtrisent pas toutes l’arabe marocain, ce qui entraîne des récitatifs. Seule la vieille femme sage et revêche, jouée par la chanteuse Biyouna, parvient parfois à s’imposer. Hafsia Herzi (La graine et le mulet) paraît égarée dans la peau d’une adolescente amoureuse type. Quant aux hommes, les voici cantonnés à des rôles de brutes ou de faibles.


La source des femmes peut plaire par ses couleurs chatoyantes, le pittoresque du Maroc traditionnel et la défense du droit des femmes en terre d’Islam, mais la gaucherie du scénario et le voyeurisme de sa caméra l’empêchent de plonger au coeur du thème que le cinéaste effleure sur la carte postale d’un Maroc ensoleillé.

 
 
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