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    Il y a 30 ans, Blade Runner

    27 juillet 2012 |François Lévesque | Cinéma
    Le Devoir a profité du passage à Fantasia de David L. Snyder, le directeur artistique sur Blade Runner, pour souligner le 30e anniversaire de la sortie du classique de Ridley Scott.
    Photo: François Pesant - Le Devoir Le Devoir a profité du passage à Fantasia de David L. Snyder, le directeur artistique sur Blade Runner, pour souligner le 30e anniversaire de la sortie du classique de Ridley Scott.
    Invité à Fantasia dans le cadre de la présentation du film Crave, le directeur artistique David L. Snyder est revenu sur le tournage du film qui lança sa carrière et qui changea la manière d’envisager le futur au cinéma : Blade Runner.

    À l’été 1982, deux grosses productions de science-fiction prirent l’affiche simultanément : The Thing, réalisé par John Carpenter sous la bannière de Universal Pictures, et Blade Runner, de Ridley Scott, représentant les couleurs de Warner Bros. L’un et l’autre furent éclipsés par E.T., le film phénomène de Steven Spielberg, paru un peu plus tôt. Universal étant derrière celui-là aussi, le studio trouva à se consoler au box-office. Warner Bros., en revanche, dut attendre que son poulain soit distribué en Asie pour récupérer ses billes. Depuis, les trois oeuvres ont trouvé leur place dans l’histoire du cinéma, mais sans doute est-ce l’héritage de Blade Runner qui demeure à ce jour le plus vivace. En effet, avec sa vision d’un futur décati noyé dans les pluies acides, Ridley Scott prit le contre-pied de l’approche lisse et propre qui dominait alors dans la foulée du 2001 de Stanley Kubrick. Le Devoir a profité du passage à Fantasia de David L. Snyder, le directeur artistique sur Blade Runner, pour souligner le 30e anniversaire de la sortie du classique de Ridley Scott.


    Pour mémoire, Blade Runner se déroule à Los Angeles alors que la Terre est devenue le dernier endroit de l’univers où l’on souhaite habiter. Conçus pour exécuter des tâches ingrates ou dangereuses, des androïdes d’apparence humaine nommés « réplicants » se révoltent de plus en plus souvent. Des chasseurs de primes appelés « blade-runners » sont chargés de les « désactiver ».


    « Blade Runner n’était que le troisième film sur lequel je travaillais, et il était de loin le plus ambitieux. Il faut bien comprendre que le look du film, c’est Ridley qui l’a imaginé en s’inspirant autant de ses voyages à Hong Kong que des peintures d’Edward Hopper que du magazine de bédé Métal hurlant. Larry [Lawrence G. Paul] et moi étions là pour construire physiquement cet univers qui se voulait sale, usé. » Afin de suggérer que l’économie était telle qu’on ne prenait même plus la peine de construire de nouveaux immeubles, on empila sur les façades des couches et des couches de tuyaux, d’échafaudages et de pièces de machinerie. Sur le plateau, le maître mot était « récupération ».


    Les vieux décors de Warner Bros. trouvèrent une seconde vie. D’imposantes colonnes ayant servi à masquer la portion non désirable d’un édifice furent basculées afin d’ajouter une touche de majesté à un luxueux bureau dans une autre scène, entre autres réutilisations. Les épais murs à caissons de My Fair Lady furent recyclés pour l’érection du loft d’un des personnages. D’ailleurs, certains d’entre eux arboraient des tenues à la mode d’autrefois. « Je me souviens du jour où Sean Young est sortie de sa loge pour la première fois, se remémore David L. Snyder, la mine encore éblouie. La coiffure à la Joan Crawford, les ongles et les lèvres rubis, le tailleur anguleux : elle était idéale pour jouer un réplicant parce qu’elle avait l’air de sortir d’une usine. Une telle perfection n’était pas humaine. »


    Pendant le tournage, certains artisans partent, d’autres sont remplacés. « On subissait beaucoup de pression. Personnellement, ça ne m’a posé aucun problème. Je débutais. Je me trouvais juste très chanceux d’être là. Quand j’y repense ! Ridley m’aimait bien, sauf que ça impliquait que je sois là tout le temps pour régler les problèmes. Je dormais dans un coin du studio sur des journaux, comme le personnage joué par Daryl Hannah, tiens ! On devait souvent improviser, changer un décor à la dernière minute, ou alors le “ rhabiller ”, c’est-à-dire ajouter des éléments. L’image n’était jamais suffisamment chargée au goût de Ridley ! N’empêche, il était brillant. Il a tourné uniquement de nuit afin de cacher le ciel bleu et les montagnes au-delà des studios de Warner, mais aussi pour contribuer à cette aura de film noir. C’était l’ère Reagan. Les Américains ne voulaient pas voir ce futur sombre à tous égards. »


    Boudé chez lui, Blade Runner vit sa réputation croître, passant de film-culte au cours des années 1980-1990 à chef-d’oeuvre au début des années 2000. Dark City, d’Alex Proyas, et The Matrix, des frères Wachowski, empruntent ouvertement à l’esthétisme développé par Ridley Scott et son équipe. Cela étant, son influence ne se limite pas à la science-fiction. Le drame policier Seven, de David Fincher, doit beaucoup à Blade Runner, tant dans ses intérieurs surchargés que dans son utilisation de la pluie. Réfléchissant à l’héritage du film, David L. Snyder ajoute : « Nous avons tourné Carve à Detroit. Depuis la crise économique, c’est une ville dévastée. Ça ressemble à Blade Runner. » Il aura fallu moins de trente ans pour que la réalité rejoigne la fiction.

    Le Devoir a profité du passage à Fantasia de David L. Snyder, le directeur artistique sur Blade Runner, pour souligner le 30e anniversaire de la sortie du classique de Ridley Scott. Le look du film, c’est Ridley Scott qui l’a imaginé en s’inspirant autant de ses voyages à Hong Kong que des peintures d’Edward Hopper. Boudé chez lui, Blade Runner vit sa réputation croître, passant de film-culte au cours des années 1980-1990 à chef-d’œuvre au début des années 2000.
     
     
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