Faim de cinéma
Mince alors!
Réalisation : Charlotte de Turckheim. Scénario : Charlotte de Turckheim, Jeanne Le Guillou, Gladys Marciano. Avec Lola Dewaere, Victoria Abril, Catherine Hosmalin, Gregory Fitoussi, Mehdi Nebbou. Image : Pierre Aïm. Montage : Scott Stevenson. Musique : Éric Neveux. France, 2011, 100 min.
Dans Mince alors !, l’actrice et cinéaste Charlotte de Turckheim (Les aristos) ambitionnait davantage de parler de l’obésité que d’offrir sur le sujet un regard neuf, loin des clichés, et surtout loin des formules du prêt-à-filmer avec ses personnages squelettiques (sur le plan psychologique).
Il faut toutefois reconnaître qu’elle en sait long sur ce thème toujours d’actualité, émaillant le scénario de statistiques et de considérations médicales qui figureraient très bien dans un reportage sur l’abondance de tissus adipeux chez les Français. Leur tour de taille commence d’ailleurs à ressembler à celui des Américains, une comparaison qui n’a rien de flatteur… et dont les Canadiens ne devraient pas se moquer.
On doute toutefois qu’au sud de nos frontières se trouvent des centres d’amaigrissement aussi chics que ceux que fréquentent les héroïnes de Mince alors !, hôtels situés dans les montagnes et près de rues marchandes pittoresques où le lèche-vitrine fait sûrement brûler quelques calories. C’est là que se retrouve Nina (Lola Dewaere, fille du regretté Patrick), envoyée en congé forcé par son conjoint qui l’oblige à perdre du poids pour améliorer l’image de leur compagnie de conception de maillots de bain.
Elle devient vite la copine inséparable de Sophie, une avocate nymphomane (Victoria Abril, plus crédible dans sa seconde fonction que dans la première), et d’Émilie (Catherine Hosmalin, le physique de l’emploi et un supplément d’âme), une mère de famille bien enrobée qui tente de se convaincre que la beauté n’est qu’intérieure. Dans un esprit très Sex and the City version campagnarde (oui, elles s’envoient en l’air avec de jeunes hommes sortis d’un centre sportif près de chez vous), sur le mode « les copines d’abord », ces trois femmes vivront leur chemin de Damas sur la route des kilos en moins.
À leur parcours aussi prévisible que le menu santé d’un régime draconien se greffent quelques petites intrigues qui viennent embourber le récit plutôt que lui donner un véritable relief. La grosse bouille d’un petit garçon mal aimé par sa soeur qui ne l’est pas vraiment et qui s’attache à Émilie comme mère de substitution n’ajoute qu’une couche supplémentaire de guimauve à un film déjà très sucré.
Si l’enveloppe esthétique de Mince alors ! est composée avec soin et dans des couleurs parfois éclatantes, elle ne masque jamais la pauvreté de la mise en scène, donnant au film des allures d’essai pour une éventuelle série télévisée. Bref, tout cela est mince, très mince.
Collaborateur








