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Helen Mirren, femme de lumière

30 juin 2012 14h56 | Martin Bilodeau | Cinéma
Helen Mirren ce matin au Festival international de Karlovy Vary.
Photo : La Presse canadienne (photo) Vit Simanek/AP CTK Helen Mirren ce matin au Festival international de Karlovy Vary.
Karlovy Vary – Avec une pensée pour Nora Ephron (Sleepless in Seattle), scénariste et cinéaste américaine décédée il y a quelques jours, l’actrice anglaise Helen Mirren a tenu à rendre hommage aux femmes qui travaillent derrière la caméra lors d’un bref mais vibrant discours de remerciement vendredi soir au Festival international de Karlovy Vary (FIKV), où elle a reçu un prix hommage, soit le Globe de Cristal, pour l’ensemble de sa carrière.

À la demande des journalistes réunis pour l’entendre en conférence de presse ce samedi matin, l’actrice oscarisée pour son rôle d’Elizabeth II dans le film The Queen, a rajouté: «Il y a beaucoup de femmes dans l’industrie du cinéma, mais trop peu dans les équipes de tournage, et pas assez comme réalisatrices».

Devant la caméra, même combat. L’ex-Jane Tennyson de la série policière Suspect numéro 1 aime bien rappeler que pour dix grands rôles masculins, on n’en trouve qu’un ou deux pour les femmes: «Je me plais à répéter [aux cinéastes, scénaristes, producteurs] qu’ils n’ont pas besoin d’écrire de rôles pour des femmes. Qu’ils n’ont qu’à les écrire pour des hommes puis à leur donner un nom féminin. Vous verrez, que je leur dis, ça fonctionne très bien aussi».

On peut difficilement imaginer, dans le contexte d’un hommage à une carrière qui compte pas moins d’une quarantaine de films, oeuvre moins représentative pour en souligner l’excellence que The Door, un téléfilm d’une ringardise soviétique signé Ivan Szabo (Mephisto). Dans un Budapest théâtral d’outre-Mur, celle qui fut l’inoubliable femme adultère dans Le Cuisinier, le voleur, sa femme it son amant de Peter Greenaway campe sans grande subtilité une femme de ménage au lourd passé.

La projection de The Door devant la presse a semé la consternation, et il en fut à peine question durant la conférence de presse où Mirren, très en verve en compagnie de son mari, le cinéaste Taylor Hackford (An Officer and a Gentleman, Ray), a longuement parlé de films plus importants à ses yeux: White Nights, qui marque sa rencontre avec ce dernier, The Last Station, dans lequel elle jouait l’épouse de Tolstoï, et puis bien sûr The Queen, programmé à la télévision nationale tchèque le même jour. Ce rôle d’Elizabeth II, Mirren l’a abordé en s’inspirant des peintres qui ont fait son portrait, ou des auteurs qui ont écrit sa biographie. «Ça n’est pas une réplique, mais une interprétation, comme artiste, de ce qu’elle est ou de l’idée que je me fais d’elle. Dès l’instant où j’ai choisi de considérer mon travail comme celui d’une portraitiste, j’ai été libérée de la terreur de la jouer».

Elle vient de terminer le tournage de Hitchcock, dans lequel elle incarne l’épouse du grand maître du cinéma, à son avis une des grandes héroïnes méconnues du 7e art. «Elle était très proactive dans la création des films de son mari et ce dernier reconnaissait ouvertement sa contribution. J’étais heureuse de pouvoir, à travers ce film [attendu en février 2013], la sortir de l’ombre».

Martin Bilodeau est en République tchèque à l’invitation du Festival international de Karlovy Vary.

 
 
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