Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Karaoké consensuel

16 juin 2012 | Martin Bilodeau | Cinéma
Photo : Warner

Rock of Ages (L’Ère du rock)

D’Adam Shankman. Avec Julianne Hough, Diego Boneta, Tom Cruise, Paul Giamatti, Alec Baldwin, Russell Brand, Catherine Zeta-Jones, Malin Akerman. Scénario : Justin Theroux, Chris D’Arienzo, Alan Loeb. Image : Bojan Bazelli. Montage : Emma E. Hickox. États-Unis, 2012, 123 minutes.

Si le ridicule pouvait tuer, Rock of Ages serait un cimetière. Inspirée d’une revue consacrée au rock des années 80, suspendue à un fil dramatique ténu enchaînant un aréopage de figures archétypées à deux ou trois idées maîtresses, dont un malentendu amoureux, la comédie musicale d’Adam Shankman (Hairspray) n’a pas encore 30 minutes au compteur qu’elle a déjà éventé tous ses secrets. Y compris celui visant à faire briller Tom Cruise, autant que faire se peut, dans la peau d’une rock star désabusée, figure christique centrale de cette dernière cène rock qui carbure moins à la surprise qu’à la familiarité.

L’intrigue consiste en un assemblage plutôt lâche d’idées repiquées ailleurs, de A Star Is Born version Streisand-Kristofferson à Footloose, en passant par Burlesque et la télésérie Glee - sans le succès de laquelle une production de ce genre n’aurait jamais été montée. Nous avons donc une « small town girl » (Julianne Hough) parachutée de son Oklahoma natal dans la Cité des Anges dans le but de faire une carrière de chanteuse et un jeune barman animé des mêmes rêves fous (Diego Boneta) issu de South Detroit. Jusqu’ici, le scénario tient à un couplet de Don’t Stop Belivin’de Journey, chanson-apothéose du film qui en compte une vingtaine, extraites des répertoires de Bon Jovi, de Guns N’Roses, de Foreigner, de Pat Benatar et autres Def Leppard.


Les enjeux sont rares et ne pèsent pas lourd. En mairesse déchaînée contre les lieux de perdition que sont les bars rock, Catherine Zeta-Jones « shake » son bonbon pour la cause, mais la menace que son personnage est censé représenter disparaît aussitôt qu’elle sort du cadre. Nous sommes à des années-lumière de Chicago, encore plus loin du miraculeux Across the Universe de Julia Taymor. Ici, la « playlist » est reine, les personnages, de simples juke-box.


Alec Baldwin est assez irrésistible en doyen de la scène rock de Los Angeles, propriétaire du Bourbon où l’essentiel de l’action du film se déroule, et procure au film (avec Russell Brand jouant son gérant) son seul véritable instant de grâce comique. Leur numéro met d’ailleurs en évidence le principal problème du film : son manque de réelle folie. Shankman fait mine d’y aspirer, puis renonce, livrant au final un karaoké consensuel qui ferait sans doute meilleure figure au Moulin du Vieux-Terrebonne.


***
 

Collaborateur

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel