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David Lambert; souvenirs intimes

Coproduction Belgique-France-Québec, Hors les murs est une entreprise très personnelle

15 juin 2012 | François Lévesque | Cinéma
Né dans les Ardennes belges en 1974, le cinéaste néophyte aura mis un moment à monter le projet du film Hors les murs.
Photo : Stonedesign Né dans les Ardennes belges en 1974, le cinéaste néophyte aura mis un moment à monter le projet du film Hors les murs.
Au bout du fil, le timbre égal se fait enjoué en fin de phrases. Derrière, on repère cet accent belge si chaleureux. Il a bien raison d’être content, David Lambert, puisque Hors les murs, son premier long métrage, vient de lui valoir le Prix du public à la Semaine de la critique à Cannes. On a vu pires débuts. Né dans les Ardennes belges en 1974, le cinéaste néophyte aura mis un moment à monter ce projet. Près de 18 années, a-t-il appris au Devoir.

« Hors les murs était à l’origine un scénario de jeunesse écrit à 20 ans à peine. Je m’étais inspiré d’une liaison désastreuse. Puis le temps a passé et j’ai intégré à la trame d’autres de mes histoires d’amour survenues plus tard. » Cela dit, pour intime qu’il soit, et même s’il fut tourné dans le quartier de l’auteur, le film ne relève pas vraiment de l’autobiographie, tient à préciser le principal intéressé. « J’ai remixé tout ça à travers le filtre de la fiction. Au final, il y a une part égale de moi dans les deux protagonistes. »


Ceux-ci se prénomment Paulo et Ilir. Deux jeunes musiciens, l’un pianiste classique, l’autre guitariste électrique, ils se repèrent dans un bar, s’engagent dans une aventure qu’ils disent sans lendemain, puis se retrouvent amoureux l’un de l’autre le jour d’après. Plaqué par sa copine, Paulo emménage chez Ilir. C’était un p’tit bonheur… Mais comme il ne saurait y avoir d’amours véritables sans contrariétés, Ilir se retrouve derrière les barreaux.


« Le processus de casting a été assez magique, assure David Lambert. Matilia Malliarkis et Guillaume Gouix se sont présentés le même jour pour le rôle de Paulo. Matilia était parfait, mais je trouvais Guillaume trop viril. J’ai alors eu cette intuition qu’il ferait un excellent Ilir. Initialement un personnage sénégalais, Ilir est ainsi devenu un Albanais. Il s’est avéré que le contraste entre les deux était parfait. Matilia a en effet une approche plus cérébrale du jeu tandis que Guillaume est plus animal, instinctif. » Un beau couple contrasté. Quant au personnage de la fiancée déchue, c’est la Québécoise Mélissa Desormeaux-Poulin qui le défend. « Je l’avais adorée dans Incendies, mais je ne croyais pas qu’elle serait intéressée par un second rôle. Sa présence fut un cadeau. »


À la fin du film, et de savoir cela ne gâchera en rien le visionnement, l’amour entre les deux jeunes hommes subsiste, mais leurs chemins se séparent. Douloureux constat. « Je crois qu’il y a toujours un amour de jeunesse à côté duquel on passe parce qu’on devient raisonnable. On n’arrive plus à se projeter dans un avenir commun. On met un terme à la relation parce que le partenaire ne s’inscrit pas nécessairement d’emblée dans quelque projet de vie… » Et c’est une erreur ? « Oui, je crois que c’en est une. J’avoue qu’il y a une dimension cathartique qui est demeurée inscrite dans le scénario », confesse David Lambert. Hors les murs prend l’affiche aujourd’hui.


V.o. : Quartier latin, Beaubien.


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